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Enquête : En 15 ans, Twitter a radicalement modifié le travail des journalistes : Depuis son acquisition par le milliardaire controversé Elon Musk, le flou entoure l'avenir du réseau social

Par Paul RICARD

Côté positif, l'accès à une multitude de sources et d'infos, mais côté négatif, une vision déformée de la réalité et le risque de s'enfermer dans une bulle: en moins de 15 ans, Twitter a radicalement modifié le travail des journalistes. Depuis son acquisition par le milliardaire controversé Elon Musk, le flou entoure l'avenir du réseau social aux 237 millions d'utilisateurs quotidiens, où les journalistes sont massivement présents.

"Nombreux sont ceux qui auraient du mal à le quitter, car il représente une part très importante de leur travail", assure à l'AFP Nic Newman, de l'institut Reuters pour l'étude du journalisme. Cet expert britannique des médias travaillait à la BBC "quand Twitter a démarré, en 2008-2009". "Une fois passée leur réticence initiale, les journalistes s'en sont saisis de manière incroyablement forte", se souvient-il. Et son usage est "profondément ambivalent", explique le directeur éditorial de l'Ina (Institut national de l'audiovisuel), Antoine Bayet, interrogé par l'AFP lors du festival Médias en Seine à Paris. 

L'un des changements introduits par Twitter a été de faciliter le contact direct des journalistes avec des sources d'information, experts comme politiques. "Twitter a été le nouveau Rolodex", sourit M. Newman, en référence à un antique carnet d'adresses rotatif très XXe siècle.

Autre révolution, les médias ont cessé d'être systématiquement les premiers à révéler un événement au public, en étant souvent devancés par les twittos témoins d'une actualité soudaine (accident, attentat...). "Cela a considérablement fait évoluer le rôle des journalistes, désormais davantage lié au fait de contextualiser et vérifier des infos" d'abord sorties sur Twitter, souligne M. Newman. De même, institutions, politiques ou célébrités communiquent fréquemment via Twitter, et y faire de la veille est incontournable.

Sur un plan plus personnel, Twitter a permis à certains journalistes "de s'y construire comme une marque à part entière, au-delà même de leur employeur", relève pour l'AFP Stephen Barnard, chercheur spécialiste des médias à l'université américaine Butler. Pour autant, après la fièvre des débuts, des voix critiques se sont fait entendre. "Twitter détruit le journalisme américain", clamait l'éditorialiste du New York Times Farhad Manjoo dans une tribune en 2019. Il pointait le fait que son mode de fonctionnement encourage polémiques et indignations instantanées, sans prise de recul.

Autre reproche récurrent: le fait que ce réseau où CSP+ et militants sont surreprésentés offre une vision qui n'est pas celle de la majorité de la population. Au risque de couper les journalistes de la réalité. "Se focaliser sur Twitter tend à déformer la manière dont les gens, journalistes inclus, voient le monde. Cela donne l'impression que certains comportements et opinions sont plus répandus qu'ils ne le sont réellement", décrypte pour l'AFP Mathew Ingram, spécialiste des médias numériques à la revue américaine Columbia Journalism Review.

"Cela a sans conteste été un problème dans les salles de rédaction", renchérit M. Newman. "J'espère que c'est un point dont les journalistes ont conscience", veut croire M. Barnard. "La question n'est pas forcément celle de l'outil, mais de la distance qu'on réussit à mettre ou pas avec lui", abonde M. Bayet. Enfin, dernier élément au passif de Twitter, "il a exposé les journalistes à un flot de désinformation et de harcèlement comme jamais auparavant", note M. Ingram.

Après les licenciements massifs décidés par Elon Musk, qui ne fait pas mystère de son mépris pour les journalistes, des craintes ont émergé que Twitter cesse purement et simplement de fonctionner. Même si cela lui semble peu probable, M. Barnard juge "qu'à côté des employés de Twitter eux-mêmes, les journalistes feraient partie des catégories qui en seraient les plus affectées". Pour Mathew Ingram, "ils devraient revenir à des façons plus traditionnelles de chercher et rapporter des infos, et trouver d'autres manières d'interagir avec les lecteurs. Mais peut-être que ce serait une bonne chose".

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Vos réactions

Portrait de Tempura
27/novembre/2022 - 13h17

Ca devient vraiment saoulant tous les jours des articles de gaucho pour chialer que twitter n'est plus une machine à censure.

Portrait de Soulejack
27/novembre/2022 - 12h55

AFP, Agence Fausse Presse.

Portrait de Vosegus
27/novembre/2022 - 12h02
Le RSA de BHL a écrit :

Les forceurs de l'AFP en pleine propagande.

"un avenir incertain", 'le flou entoure l'avenir du réseau"

Vous sentez leur panique ?

Ils savent que nous n'avons plus besoin d'eux pour nous informer.

Et voient le chômage arriver.

En même temps, un article signé Paul Ricard...