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Le média en ligne Konbini condamné pour procédure "abusive", après avoir attaqué en diffamation une autre publication qui avait dévoilé l'identité d'un de ses actionnaires, la famille de milliardaires du pétrole Perrodo

Le média en ligne Konbini a été condamné pour procédure "abusive", après avoir attaqué en diffamation une autre publication qui avait dévoilé l'identité d'un de ses actionnaires, la famille de milliardaires du pétrole Perrodo, a appris l'AFP, confirmant une information de Libération.

Dans un jugement daté du 20 septembre dont l'AFP a eu connaissance, la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris a condamné Konbini à verser un total de 6.000 euros de dommages-intérêts au directeur de la publication et à un journaliste du média numérique La Lettre A. Le tribunal rappelle "l'importance, dans une société démocratique, de pouvoir investiguer, débattre et émettre des opinions critiques sur les questions relatives à la transparence et au pluralisme des médias". Selon le jugement, ce sont des "questions auxquelles la société Konbini, qui se présente comme un média d'information, devrait être particulièrement attachée". Au centre du litige: un article de La Lettre A daté de mars 2019 et intitulé "Vidéos et info sur le web: les mystérieux actionnaires de Konbini", au sujet de ce média mêlant divertissement et information.

Cet article avançait que la famille Perrodo (l'une des plus riches de France, notamment détentrice de la compagnie pétrolière et gazière Perenco) était l'un des principaux actionnaires de Konbini via une "holding luxembourgeoise baptisée Ommirep". Selon l'article, "les activités du clan suscitent moult controverses, de leur utilisation des Bahamas pour détenir leurs actifs à leurs pratiques environnementales ou commerciales". Par ailleurs, l'article pointait un "mélange des genres" chez Konbini, fondé par les entrepreneurs David Creuzot et Lucie Beudet. Il faisait état des "relations d'affaire" entre les "patrons de Konbini" et Stéphane Richard, alors dirigeant de l'opérateur télécoms Orange, et rappelait que la directrice de la communication du média à l'époque, Ariane Vincent, était membre de cabinets ministériels sous le quinquennat de François Hollande.

Le tribunal a jugé que tous ces éléments ne présentaient "pas de caractère diffamatoire", soit car ils n'étaient pas assez précis, soit car ils ne concernaient pas Konbini lui-même mais ses dirigeants, soit car ils relevaient du "commentaire" et de "l'opinion critique". En outre, le tribunal rappelle "que les informations délivrées dans l'article étaient parfaitement exactes". Il conclut donc que l'objectif de cette procédure "manifestement abusive" n'était "pas de poursuivre ces informations prétendument diffamatoires, mais bien le commentaire critique que le journaliste tirait de ses constatations".

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