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L'un des deux quotidiens réunionnais, le Journal de l'île de la Réunion, ne paraît plus depuis samedi à cause d'un conflit opposant le patron du titre à celui d'une imprimerie

L'un des deux quotidiens réunionnais, le Journal de l'île de la Réunion, ne paraît plus depuis samedi à cause d'un conflit opposant le patron du titre à celui d'une imprimerie, a-t-on appris auprès des deux parties. La querelle est née d'une décision du tribunal de commerce de Saint-Denis qui, le 21 septembre dernier, a rejeté l'offre de reprise de l'entreprise ICP Roto, qui imprime le JIR, par le directeur de la publication du quotidien et accepté celle émanant d'un groupe d'entreprises de l'île de l'océan Indien.

Dans une série d'articles parus ces derniers jours, les responsables du journal se sont étonnés de cette décision et ont mis en cause le repreneur d'ICP Roto, Alfred Chane Pane, qui s'en est offusqué dans un communiqué.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les salariés de l'imprimerie ont alors refusé d'imprimer le Journal de l'île "car ils étaient mécontents de voir le nom de leur entreprise mis en cause", a fait valoir M. Chane Pane dans la presse locale.

Furieux d'être absents des kiosques samedi, les responsables du quotidien ont publié en ligne un éditorial au vitriol dénonçant la "censure" de l'imprimeur. Bis repetita dans la nuit de samedi à dimanche, ICP Roto refuse une nouvelle fois d'imprimer les pages du journal.

"Cette fois, c'est moi qui décide d'appuyer sur le bouton rouge", a justifié dimanche Alfred Chane Pane dans un communiqué. "Trop c'est trop. Je ne peux pas accepter une diffamation aussi virulente et évidente". "L'affaire se plaidera devant le tribunal de commerce", a précisé à l'AFP M. Chane Pane, "ma décision est irrévocable, je ne veux plus rien à voir avec ce Monsieur (Jacques Tillier)".

"Parce que la ligne éditoriale du journal qu'Alfred Chane Pane est chargé d'imprimer ne lui convient pas, il impose son diktat (...) il le censure", a fustigé en retour le journal.

"On cherche à tuer notre journal, mais je ne vais pas, nous n'allons pas, nous laisser faire", a assuré dimanche à l'AFP son propriétaire Jacques Tillier, qui redoute que son titre "soit absent des points de vente encore pour quelques jours". Cyrille Melchior, président du conseil départemental, et Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre, ont apporté leur soutien au JIR.

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