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Le tribunal judiciaire de Paris a condamné à six mois de prison un homme jugé pour l'agression de deux journalistes de l'AFP lors d'une manifestation organisée par le mouvement Les Patriotes

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné  à six mois de prison un homme jugé pour l'agression de deux journalistes reporter d'images (JRI) de l'Agence France-Presse lors d'une manifestation organisée par le mouvement Les Patriotes contre le pass sanitaire en janvier 2022. Christopher Del Frate, 24 ans, absent à l'audience et non représenté, a été reconnu coupable de "violences volontaires commises en réunion".

Le tribunal n'a pas retenu en revanche les chefs de menace de mort, d'entrave à la liberté d'expression et d'entrave à la liberté du travail qui pesaient sur le prévenu. Les six mois d'emprisonnement prononcés à son encontre feront l'objet d'un "aménagement" selon les modalités déterminées par le juge d'application des peines, a précisé la présidente de la 17e chambre du tribunal en prononçant son jugement.

M. Del Frate, en état de récidive légale pour des faits de violences aggravées, a été condamné en outre à l'interdiction de détenir ou de porter une arme pour une durée de cinq ans. Lors de l'audience, en juillet, le procureur avait requis une peine de trois ans d'emprisonnement à son encontre.

"L'AFP, qui avait porté plainte sitôt après les faits, est plus que jamais déterminée à assurer la protection de ses équipes, et plus généralement à défendre l'exercice du métier de journaliste sur le terrain", a commenté son directeur de l'Information, Phil Chetwynd. "Il est crucial de refuser toute banalisation des agressions contre les journalistes", a-t-il ajouté.

Les deux journalistes avaient été pris à partie lors d'une manifestation contre le pass sanitaire organisée le 15 janvier 2022 par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot.

Un manifestant avec un mégaphone, le visage dissimulé par une cagoule, avait injurié et menacé de mort les deux journalistes identifiés comme des journalistes de l'AFP, ainsi que les deux agents de protection qui les accompagnaient.

Encouragé par l'homme cagoulé, un groupe de 20 à 50 personnes s'était alors détaché du cortège pour poursuivre les journalistes et leur escorte.

Les deux agents de protection avaient subi des coups et des insultes en tentant de retenir ces individus. Lors de l'audience, en juillet, Christopher Del Frate avait reconnu avoir participé à cette manifestation mais nié avoir participé aux faits qui lui étaient reprochés.

Des témoins l'ont cependant formellement reconnu comme l'un des individus qui poursuivaient les journalistes. L'enquête a établi que M. Del Frate avait lui-même frappé "à coups de poings et pieds" les deux agents de protection et avait asséné un coup de bouteille sur la tête à l'un des agents.

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