08/08 17:31

Les employés du quotidien public "Le Soleil", un des principaux au Sénégal, sont en grève pour protester contre "les dérives" de leur directeur général

Les employés du quotidien public Le Soleil, un des principaux au Sénégal, sont en grève pour protester contre "les dérives" de leur directeur général auquel ils reprochent sa "gestion gabegique", a-t-on appris auprès de leurs délégués. Le quotidien pro-gouvernemental "Le Soleil" est le plus ancien au Sénégal, créé en 1970. Propriété de l'État du Sénégal à 51% et d'autres institutions publiques à 49%, il est chargé notamment de vulgariser la politique du gouvernement. Il était absent vendredi des kiosques.

"Le journal n'est pas paru aujourd'hui. Il ne va également pas paraître demain. C'est le mot d'ordre qu'on a donné. La mobilisation continue et dimanche, nous allons faire une évaluation" en vue de la poursuite ou non de la grève, a affirmé à l'AFP Ndiol Maka Seck, coordonnateur du collège des délégués du personnel, formé de trois syndicats de l'entreprise. "Nous protestons contre les dérives du directeur général Yakham Mbaye. Il refuse de respecter un accord signé en 2015" prévoyant notamment le paiement aux journalistes de primes liées à la publicité, procède à "des licenciements abusifs" et s'octroie des avantages financiers indus pendant ses congès, a dit M. Seck.

"Le Soleil est actuellement à genoux à cause d'une mauvaise gestion et d'un pillage systématique de ses ressources à travers des marchés nébuleux et des magouilles", selon un communiqué du Collège des délégués transmis vendredi à l'AFP. M. Mbaye, qui est également un responsable du parti présidentiel, n'a pas répondu vendredi aux sollicitations de l'AFP. Onze journalistes du quotidien ont été brièvement interpellés jeudi par la gendarmerie parce qu'ils protestaient contre "la gestion gabegique" de M. Mbaye, selon un communiqué de l'un des syndicats des employés du journal. Le Sénégal occupe la 73e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi en 2022 par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Ailleurs sur le web

Vos réactions