06/08 10:46

Guerre en Ukraine - La responsable d'Amnesty International en Ukraine annonce sa démission, accusant son organisation d'avoir servi "la propagande russe"

La responsable d’Amnesty International en Ukraine, Oksana Pokaltchouk, a annoncé sa démission à la suite du rapport de l’ONG reprochant aux forces armées ukrainiennes de mettre en danger des civils, qui a provoqué la colère de Kiev. « Je démissionne d’Amnesty International en Ukraine », a affirmé Mme Pokaltchouk dans un communiqué sur sa page Facebook dans la nuit de vendredi à samedi, reprochant au rapport publié le 4 août d’avoir sans le vouloir servi « la propagande russe ».

Amnesty avait affirmé vendredi assumer pleinement son rapport reprochant à l’armée ukrainienne de mettre en danger des civils dans sa résistance à l’invasion russe en installant des infrastructures militaires dans des zones habitées. La publication la veille du document avait suscité l’ire de Kiev. Le président Volodymyr Zelensky était allé jusqu’à accuser l’ONG de « tenter d’amnistier l’Etat terroriste » russe, en mettant « la victime et l’agresseur d’une certaine manière sur un pied d’égalité ».

« Si vous ne vivez pas dans un pays envahi par des occupants qui le morcellent, vous ne comprenez probablement pas ce que c’est de condamner une armée de défenseurs », a ajouté la responsable d’Amnesty Ukraine. Elle a indiqué avoir tenté en vain de convaincre la direction d’Amnesty International que le rapport était partiel et ne prenait pas en compte le point de vue du ministère ukrainien de la Défense.

Amnesty a indiqué avoir contacté les responsables du ministère de la Défense le 29 juillet au sujet de ses conclusions, mais n’avoir pas eu de réponse à temps avant la sortie de son rapport. Selon Mme Pokaltchouk, Amnesty a « donné très peu de temps » au ministère « pour une réponse ». « Par conséquent, l’organisation a involontairement publié un rapport qui semblait involontairement soutenir la version russe. S’efforçant de protéger les civils, ce rapport est devenu un outil de propagande russe », déplore-t-elle.

 

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Bob28
7/août/2022 - 09h31

Difficile d'accepter le fait que ses convictions ne correspondent pas à la réalité quand on persuadé d'être dans le camp du bien.

Portrait de Capri
6/août/2022 - 19h34

Dommage qu’Amnesty International ait publié son rapport trop vite : pourquoi ? En tous cas, ça montre qu’entre le « noir » et le « blanc », il y a 600 nuances de gris ; en d’autres termes : « c’est compliqué ». Quand on pense qu’au tout début, ce sont des militaires ukrainiens qui ont fait sécession en partant avec leurs tanks etc pour rendre le Donbass autonome en 2014 ; en d’autres termes : cela a commencé par une guerre civile d’ukrainiens loyalistes contre des ukrainiens separatistes pro-russes… Une femme ukrainienne accueillie en France le disait que sa mere habite à l’Est et qu’elle est totalement pro-russe… Cette guerre traverse les familles… Un peu comme lors de la guerre de l’ex. Yougoslavie au milieu des années 90….

Portrait de LuffyDRAGON
6/août/2022 - 13h41

La propagande pro-ukrainienne commence à se fissurer. 

Sans compter la dispersion et la disparition des armes fournies.

Portrait de Gustave68
6/août/2022 - 11h38

Une ONG fait passé l'état ukrainien de rôle de victime à un rôle de bourreau ... On peut légitimement se poser la question: Amnesty International peut-elle être accusée de connivence avec le régime de Vladimir Poutine ? Pour écarter des doutes légitimes, je pense qu'il serait nécessaire que des journalistes enquêtent sur cette prise de position plus qu'étonnante de l'ONG ...