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Le propriétaire du site pornographique "Jacquie et Michel" et quatre autres personnes placés en garde à vue dans une enquête ouverte à Paris pour "viols" et "proxénétisme"

Par Guillaume DAUDIN

Nouveau coup de tonnerre dans l'industrie du porno amateur: le propriétaire du site "Jacquie et Michel", Michel Piron, et quatre autres personnes ont été placés en garde à vue mardi dans l'enquête ouverte en juillet 2020 à Paris pour "viols" et "proxénétisme". Nicolas Cellupica, l'avocat du groupe Arès, présidé par M. Piron et détenteur du site pornographique, a annoncé mardi matin à l'AFP le placement en garde à vue de son client âgé de 64 ans ainsi que de sa femme, Araceli, âgée de 60 ans.

Cette mesure a été prise "dans le cadre d'une enquête préliminaire (...) pour des faits supposés de proxénétisme, complicité de viol et complicité d'agressions sexuelles entre 2009 et 2015", a-t-il précisé. Le parquet de Paris a confirmé à l'AFP l'interpellation et le placement en garde à vue de l'intéressé et de son épouse, ainsi que de "trois autres personnes". Le parquet avait lancé en juillet 2020 cette enquête, confiée à la police judiciaire parisienne, après un signalement adressé par Osez le féminisme, les Effronté-es et le mouvement du Nid.

Ces trois associations relayaient les témoignages de plusieurs actrices qui assuraient avoir été contraintes à des "pratiques sexuelles +hors normes et douloureuses+" alors qu'elles n'étaient pas consentantes. Ce signalement avait suivi la diffusion en février de la même année, par le site Konbini, d'une vidéo intitulée "les coulisses sordides du porno amateur", dans laquelle deux femmes témoignaient de ces pratiques.

Depuis l'ouverture de l'enquête, "Michel Piron a toujours sollicité à être entendu par les enquêteurs et à répondre ouvertement à leurs questions", a indiqué Me Cellupica. "Il s'est toujours dit du côté des victimes si des actrices ont subi des actes de violences sexuelles qu'il ignorait parfaitement", a ajouté l'avocat, soulignant que "le groupe +Jacquie et Michel+ n'a jamais produit ou réalisé de film et n'est que diffuseur de films réalisés par des producteurs indépendants".

"Enfin, la pornographie n'a jamais été assimilée à de la prostitution: une actrice porno n'est pas une prostituée et un réalisateur ou diffuseur n'est pas un proxénète", a insisté l'avocat, qui anticipe l'ouverture d'une information judiciaire dans ce dossier à la fin de la semaine. "C'est un grand jour pour toutes les femmes victimes. La fin de l'impunité pour l'industrie criminelle pornographique", s'est félicitée de son côté Lorraine Questiaux, avocate des trois associations à l'origine du signalement. "Il reste encore beaucoup à faire mais c'est une nouvelle étape importante qui place la dignité humaine et la lutte contre l'exploitation sexuelle au coeur des priorités en matière de politique pénale", a ajouté Me Questiaux, qui défend aussi quatre femmes victimes.

Dans un livre-enquête intitulé "Judy, Lola, Sofia et moi" (Ed. Goutte d'Or, 2018), le journaliste Robin d'Angelo a raconté son infiltration dans l'industrie du porno amateur et dénoncé l'absence récurrente de consentement et le non-respect du droit du travail. Le groupe, fondé en 1999 et qui annonçait 15 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016, selon le journaliste, a fondé son succès sur l'achat à petits prix de vidéos amateur en France, avant de professionnaliser peu à peu sa production. Il concurrence désormais Dorcel parmi les leaders de l'industrie pornographique.

Une autre enquête menée à Paris depuis 2020 a fortement bousculé le monde du porno amateur français en visant les pratiques de la plateforme "French Bukkake". Au moins douze personnes, dont les producteurs surnommés "Pascal OP" et "Mat Hadix", sont poursuivies dans ce dossier exceptionnel par son ampleur qui porte notamment sur des infractions telles que "traite d'être humains aggravée", "viol en réunion" ou "proxénétisme aggravé". Depuis, les enquêteurs ont identifié des victimes par dizaines.

Mi-décembre, Le Monde avait longuement raconté les pratiques de rabattage menées pour convaincre des jeunes femmes précaires ou fragiles de tourner des vidéos. Les réalisateurs leur imposaient au dernier moment de multiples partenaires et des pratiques violentes non consenties. Après toutes ces révélations, de grands groupes français du secteur, dont Dorcel et "Jacquie et Michel", avaient annoncé en novembre 2020 leur volonté d'adopter des chartes éthiques et déontologiques.

 

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Vos réactions

Portrait de richard1804
14/juin/2022 - 13h49 - depuis l'application mobile

Non pas toi Michel, pas après tout ce que tu as fais

Portrait de Lilou.St.Bo
14/juin/2022 - 13h10

Viols et proxénétisme, rien que ça !!! 

Portrait de Vous l'avez élu
14/juin/2022 - 11h05

Va falloir interdire tout ça pour se conformer à la sharia !

Portrait de swatss
14/juin/2022 - 10h38
Morano 2027 a écrit :

Les meufs signent un contrat sur lequel il est bien stipulé qu'elles vont se faire soulever par 5 mecs et elles trouvent le moyen de porter plainte.

À un moment, faut savoir ce qu'on veut.

Ce n'est pas ce que raconte certaines femmes qui ont participées a des tournages .

Exemple : refusant la sod... Verbalement mais prise quand même . 

Si pour vous ce n'est un bon justificatif pour portait plainte , c'est que cela deviens grave ...

Portrait de jarod.26
14/juin/2022 - 10h16

merci qui !!! merci jacquie et michel !

Portrait de duhkka
14/juin/2022 - 09h57

s'il va en prison ca sera désormais Jacky et Michel...