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L'imam d'une mosquée de Toulouse jugé en appel pour incitation "à la violence ou la haine raciale", à la suite d'un prêche diffusé sur les réseaux sociaux

L'imam d'une mosquée de Toulouse, Mohamed Tataiat, était jugé en appel pour incitation "à la violence ou la haine raciale", à la suite d'un prêche diffusé en 2017 sur les réseaux sociaux. Le 14 septembre 2021, le tribunal correctionnel de Toulouse avait relaxé Mohamed Tataiat, affirmant ne pas retrouver "de volonté de provoquer à la haine" dans ses propos. Le parquet, qui avait requis six mois de prison avec sursis, avait aussitôt fait appel.

Lundi à l'audience, les débats se sont largement concentrés sur un hadith (parole du prophète Mahomet) inclus par Mohamed Tataiat, 59 ans, dans son prêche du 15 décembre 2017 dans la mosquée du quartier populaire d'Empalot, la plus grande de Toulouse.

Ce prêche a été prononcé dans un contexte de tension entre Palestiniens et Israéliens, peu après l'annonce par l'alors président américain Donald Trump de son intention de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, a-t-il été rappelé plusieurs fois au cours de l'audience.

Selon ce hadith, "le jour du jugement ne parviendra que quand les musulmans combattront les juifs, le juif se cachera derrière l'arbre et la pierre, et l'arbre et la pierre diront : +Oh musulman, oh serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens et tue-le, sauf Algharqada, qui est l'un des arbres des juifs+".

S'exprimant en arabe par l'intermédiaire d'un interprète, l'imam algérien, qui vit en France depuis 1985, a assuré que son prêche "n'invitait pas les musulmans à combattre les juifs ou les Israéliens".

Selon lui, ce hadith constituait au contraire un "avertissement" aux musulmans pour qu'ils "ne participent pas au mouvement qui amène à cette fin tragique".

Un point de vue que ne partage pas Muriel Ouaknine-Melki, avocate du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, l'une des associations parties civiles. Pour elle, ces paroles peuvent être à l'origine de passages à l'acte violents.

Me Ouaknine-Melki a souligné que Mohamed Merah, responsable de la mort de sept personnes en 2012 à Toulouse, affirmait "avoir voulu venger les enfants palestiniens".

Il est donc important de "rappeler les limites qu'impose la loi" aux propos tenus publiquement, selon elle.

En revanche, pour Jean Iglesis, l'un des deux avocats de la défense, avec William Bourdon, il ne faut pas "accepter une ingérence du juge judiciaire" qui aboutirait à un "contrôle des prêches".

Près d'une dizaine d'associations se sont portées partie civile dont la Licra, le Crif, SOS racisme ou l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif, proche des catholiques intégristes).

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