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Referendum - Les Suisses votent aujourd'hui pour approuver la participation de leur pays au renforcement de la controversée agence Frontex, sur le streaming et le don d'organe

Les Suisses devraient approuver aujourd'hui dans les urnes le financement de l'agence européenne des frontières Frontex, l'obligation pour les plateformes de streaming d'investir dans l'audiovisuel national et le passage au consentement présumé du don d'organe. Une écrasante majorité de la population a voté par correspondance dans les trois à quatre semaines précédant l'élection. Les bureaux de vote ferment vers 10H00GMT, et les premières tendances devraient être connues dans l'après-midi.

Selon l'institut gfs.bern, les trois objets soumis au vote devraient passer la rampe même si l'opposition à la modification de la loi sur le cinéma, contre laquelle les milieux de droite ont lancé un référendum, n'a cessé de croître. Cette réglementation baptisée Lex Netflix contraindra les plateformes de streaming à investir 4% de leur chiffre d'affaires réalisé en Suisse dans la création audiovisuelle helvétique, en participant à des productions ou en payant une taxe qui servira à soutenir le cinéma.

Cette obligation s'appliquera aux chaînes étrangères qui diffusent des spots publicitaires spécifiques à la Suisse, comme TF1 et M6. La création cinématographique - qui a bénéficié ces dernières années d'un financement annuel moyen de 105 millions de francs (101 millions d'euros) - devrait obtenir 18 millions de francs supplémentaires par an grâce à la réforme, selon l'Office fédéral de la Culture.

Les plateformes de streaming seront par ailleurs tenues de proposer 30% de contenus européens, comme c'est déjà le cas dans l'Union européenne. Pour les défenseurs de la réforme, tourner davantage de films en Suisse profitera à l'économie locale, tout en renforçant la compétitivité de la production cinématographique nationale face aux pays européens qui appliquent déjà une obligation d'investir. Dans le camp adverse, on a brandi la menace d'une augmentation du prix des abonnements.

Les opposants estiment aussi que le quota de films européens pénalisera les productions d'ailleurs, et créera un dangereux précédent pour les services de streaming musical.

Les Suisses devraient également approuver la participation de leur pays au renforcement de la controversée agence Frontex, une réforme que le Parlement européen a approuvé quatre ans après la crise migratoire de 2015. Un "non" fragiliserait davantage les liens entre la Suisse et l'UE, qui sont tendus depuis que Berne a soudainement décidé, en mai 2021, de mettre fin à des années de discussions en vue d'un accord-cadre - également appelé accord institutionnel - avec ce bloc d'Etats. La réforme de Frontex vise à la doter d'un corps européen permanent de 10.000 gardes-frontières et gardes-côtes à l'horizon 2027.

Actuellement, l'agence compte plus de 1.500 agents provenant de divers Etats membres, et elle est régulièrement accusée notamment par des ONG, de pratiques de refoulements illégaux de migrants et son patron français a démissionné fin avril suite à une enquête de l'Office européen de lutte antifraude.

Le gouvernement et le parlement souhaitent que la Suisse participe aux travaux de renforcement de Frontex. Il est prévu que la Suisse fournisse plus de personnel - environ 40 postes maximum contre 6 actuellement environ - et porte sa contribution financière annuelle à 61 millions de francs suisses (58 millions d'euros) contre 24 millions en 2021. Mais un comité regroupant diverses ONG d'aide aux migrants et des partis écologistes et de gauche ont lancé un référendum.

En cas de refus, la coopération de la Confédération avec les Etats Schengen et Dublin prendra fin automatiquement, selon le gouvernement suisse, "à moins que les Etats de l'UE et la Commission européenne ne se montrent conciliants".

Les partis de droite soutiennent dans leur ensemble la participation suisse au développement de Frontex, y compris l'UDC (Union démocratique du centre) dans le camp de la droite extrême, qui est en principe contre la signature de tout accord entre la Suisse et l'UE. Dimanche, les Suisses doivent également approuver le passage au principe du "consentement présumé" en matière de dons d'organe, une mesure déjà adoptée par plusieurs pays européens.

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Vos réactions

Portrait de Jacques Dorel
16/mai/2022 - 07h54
Dereck a écrit :

Meilleur peuple du monde, les Français sont des tocards à coté d'eux

Hélas non.

Etant Franco-Suisse, je peux vous affirmer que ces votations ne sont pas vraiment suivies (à peine 1 Suisse sur 2 se déplace) et ces votations provoquent beaucoup de tensions dans le pays.

Si la France adoptait la votation ou le RIC comme en Suisse, je vois mal les gens se déplacer tous les 3 mois pour aller donner leur avis. Ils ne vont déjà pas voter 1 fois par an en moyenne...

Portrait de COLIN33
15/mai/2022 - 13h59 - depuis l'application mobile
2510RED a écrit :

Et toi, tu respectes l'avis du peuple qui a décidé de réélire Macron comme président ?

@2510RED oui mais au moins le référendum reflète ce que décide le peuple, choisir un président n'est pas choisir une décision politique...

Portrait de COLIN33
15/mai/2022 - 10h48 - depuis l'application mobile

Eux au moins respectent l'avis du peuple ....