11/05/2022 13:31

La justice française a ouvert une enquête à l’encontre du président émirati d’Interpol, Ahmed Nasser al-Raisi pour "complicité de torture" après la plainte de deux Britanniques

La justice française a ouvert fin mars une enquête à l’encontre du président émirati d’Interpol, Ahmed Nasser al-Raisi pour « complicité de torture » après la plainte de deux Britanniques, a appris l’AFP mercredi de sources proches du dossier.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé à l’AFP avoir confié à un juge d’instruction parisien une enquête après une plainte avec constitution de partie civile évoquant des « tortures » et « détentions arbitraires » en 2018 et 2019. Celui qui est également haut responsable policier émirati fait déjà l’objet d’une enquête préliminaire du Pnat pour d’autres accusations de tortures.

Ce type de plainte permet en France d’obtenir la désignation quasi automatique d’un juge d’instruction, statutairement indépendant.

Dans un communiqué, les deux Britanniques indiquent qu’ils vont « apporter mercredi les preuves de la torture » dont ils accusent M. Al-Raisi lors d’une audition « sur demande sur juge d’instruction » du pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris. Le premier plaignant, Matthew Hedges, est doctorant à l’université de Durham en Angleterre.

Lors d’une conférence de presse à Lyon en octobre, il avait raconté les accusations d’espionnage dont il avait fait l’objet lors d’un voyage d’études aux Émirats arabes Unis (EAU), suite auxquelles il disait avoir été détenu et torturé entre mai et novembre 2018 et « forcé à de faux aveux ». Condamné à la perpétuité en novembre 2018, il avait été gracié moins d’une semaine plus tard, sous pression internationale.

Lors de la même conférence, Ali Issa Ahmad, un agent de sécurité de Wolverhampton (centre de l’Angleterre), avait quant à lui rapporté avoir été battu à plusieurs reprises et même poignardé lors d’un séjour d’un mois en détention entre janvier et février 2019 dans l’émirat de Sharjah.

Il avait indiqué qu’il lui avait été reproché d’avoir supporté trop ostensiblement lors d’un match de la coupe d’Asie l’équipe de football de l’émirat du Qatar avec un T-shirt sur lequel figurait le drapeau bordeaux de ce pays, rival des EAU.

 

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