Charles Consigny Le Conseil national du PS a adopté à 62% cette nuit l'accord avec LFI pour les élections législatives de juin, un changement d'orientation historique, au terme de débats parfois tendus qui ont en partie prolongé la fronde déjà engagée de figures du parti. L'accord a été adopté par 167 voix pour, 101 contre, et 24 absentions.
Les débats ont duré quatre heures et ont fait alterner partisans et opposants de l'alliance LFI, EELV et PCF pour les législatives des 12 et 19 juin.
"C'est un moment de clarification, ce vote dit à quel espace politique nous appartenons", "à gauche" et pas avec Emmanuel Macron, a conclu le premier secrétaire Olivier Faure depuis le siège d'Ivry-sur-Seine.
Plusieurs dizaines des 303 membres du Conseil national étaient présents --les autres ont participé en visioconférence. "Mitterrand, c'était ça la radicalité, et pourtant nous l'avons fait", s'est exclamé Olivier Faure. "A force de dire que nous sommes un parti de gouvernement, nous pouvons oublier nos propres racines, qui sont en partie dans la radicalité". Le porte-parole Pierre Jouvet a rapporté la façon dont se sont déroulées les tractations qu'il a menées avec LFI, et a justifié les compromis passés: "Il n'est pas forcément évident pour les derniers rentrants (le PS) de ne pas accepter le cadre proposé" sur les circonscriptions, le programme et la stratégie.
La maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, cheffe du courant minoritaire, s'est insurgée: "L'accord que vous avez négocié demande de nous excuser, de faire repentance, de nier une partie de notre histoire". Le sénateur du Val-d'Oise Rachid Temal, aussi opposé à l'accord, a tonné à propos de certains candidats dissidents qui ne manqueront pas de se déclarer après le vote: "Il va falloir que Jean-Luc Mélenchon accepte l'insoumission. Soyez candidats si vous le souhaitez, c’est ça l'insoumission".
Une autre sénatrice, Laurence Rossignol, a soutenu l'accord, arguant: "Il nous remet dans la gauche, nous en étions sortis. Nous n'étions plus fréquentables". Avant de tenter de rassurer: "LFI n'est pas la force centrale de la gauche, elle est temporairement dominante, c’est un moment à passer".
La députée Christine Pirès-Beaune a confié être "triste ce soir. On n'a pas pu imposer un accord meilleur que celui-là mais elle est où l'alternative? C'est le coeur serré que je vous dis que je voterai cet accord." Selon la liste consultée par l'AFP, sur les 70 circonscriptions obtenues, une bonne vingtaine sont gagnables.
Mais les circonscriptions de trois sortants ont été sacrifiées: David Habib dans les Pyrénées-Atlantiques, Christian Hutin dans le Nord (qui ne souhaitait pas se représenter) et Michèle Victory dans l'Ardèche. Auxquelles s'ajoute la 1ère circonscription dans la Loire de Régis Juanico (Générations), que le PS pensait récupérer. Lamia El Araaje, dont l'élection en 2021 a été invalidée en 2022, s'estime elle aussi flouée, l'accord investissant Danielle Simonnet.
Une motion a été votée au Conseil pour donner mandat de renégocier en faveur de la socialiste. L'Assemblée sortante compte vingt-six députés PS, plus trois apparentés. Malgré des "réserves concernant l'Europe", la maire de Lille Martine Aubry, figure historique du PS, a soutenu l'accord, estimant que "les électeurs de gauche ont exprimé lors du premier tour des élections présidentielles une forte aspiration au rassemblement et à l'unité".
Plusieurs maires de grandes villes ont également appelé à le soutenir. Parmi eux Johanna Rolland (Nantes) qui a dirigé la campagne d'Anne Hidalgo à l'Elysée, Benoît Payan (Marseille) ou encore Mathieu Klein (Nancy). La direction socialiste fait toutefois face à la fronde de personnalités du parti.
L'ancien président François Hollande a "récusé l'accord sur le fond et les circonscriptions", tandis que son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a mis sa menace à exécution en quittant le parti.
Un autre ex-chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, a déploré auprès de l'AFP un "rafistolage" et une "forme de démission" qui risque de fracturer le PS. Ils s'offusquent tous d'une alliance avec un Jean-Luc Mélenchon antagoniste historique du PS. Mais aussi de l'inclusion dans l'accord de la "désobéissance" aux traités européens en cas de blocage pour appliquer le programme, ou encore de nombreuses mesures sociales qu'ils estiment impossibles à financer.
Anne Hidalgo a pour sa part indiqué à l'AFP "ne pas souhaiter empêcher un accord électoral qui vise à combattre la régression écologique et sociale".
Tout en critiquant un texte qui "ne respecte pas les personnes" et qui "ne porte pas les garanties nécessaires sur l'Otan, l'Europe de la défense ou la laïcité".
La présidente de la région Occitanie Carole Delga a d'ores et déjà présenté des candidats hors accord. Et la présidente du groupe socialiste à l'Assemblée Valérie Rabault a fait savoir en interne qu'elle ne soutiendrait pas l'accord, selon un message consulté par l'AFP.
Vos réactions
Je trouve cela bien et les verts devraient faire pareil.
au moins cette radicalité permettrait de faire un groupe puissant.
et en face, à droite peutetre qu’ils commenceront à réfléchir et feront la même chose pour créer un autre groupe puissant. cela permettrait aux gens de choisir entre 2 visions plutôt que Macron qui enfument au milieu
Il faut vous tenir au courant de l'actualité !
Euh , sauf erreur , les écologistes ont été les premiers à conclure un accord (suivis par le PC) sous la bannière "Union Populaire" ...
Oui je n’étais plus certaine… mais tant mieux
La taupe te dis "bien des choses" ... ma cohérence a toujours été claire, elle le reste, si tu ne sais pas lire, dommage pour toi, je remets :
Voter PS pour soutenir LFI et amener Mélenchon à Matignon ...
c'est NON pour moi !
Je rejette tous les partis extrêmes !
Comment le PS peut signer un truc pareil. je ne comprends même pas que l'on puisse voter pour Mélenchon il est méprisant, agressif ? je le vois encore dire " la république c'est moi"
Il fallait plutôt trouver un bon représentant du PS et virer Hidalgo.
Les éléphants roses... Une espèce en voie de disparition.
Je trouve cela bien et les verts devraient faire pareil.
au moins cette radicalité permettrait de faire un groupe puissant.
et en face, à droite peutetre qu’ils commenceront à réfléchir et feront la même chose pour créer un autre groupe puissant. cela permettrait aux gens de choisir entre 2 visions plutôt que Macron qui enfument au milieu
adieu le PS, mitterrand doit se retourner dans sa tombe
Mitterrand n'a jamais été un socialiste mais un arriviste ,un Rastignac et surtout un Pétainiste de la première heure et un un "résistant" de la dernière . Pour Mitterrand le socialisme n'a jamais été qu'un marche pied ,(comme beaucoup) !
By bye PS, j'ai toujours voté pour toi, mais là, impossible, je ne peux donner un bulletin qui porterait LFI et Mélenchon vers Matignon, ce sera donc un changement d'épaule, je mettrai un vote pour Larem de Macron.
Pourtant ce n'est pas son représentant Stanislas Guérini qui est motivant, personnage totalement transparent et sans charisme, tout comme d'ailleurs Olivier Faure.
Le PS ne représentent plus mes idées, je n'ai aucune envie de voir Coquerel, Corbière ou Garrido me représenter à l'assemblée nationale !
adieu le PS, mitterrand doit se retourner dans sa tombe
Les politiques qui se partagent le gâteau financier ont ils une pensée pour les électeurs?
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