Jeanne d'Hauteserre
Le groupe de médias espagnol Prisa a annoncé être revenu à l'équilibre financier au premier trimestre après plusieurs trimestres dans le rouge, grâce à une croissance soutenue dans ses différentes branches d'activité. Le groupe espagnol, propriétaire du quotidien sportif AS et de la radios Cadena Ser (Espagne) ou encore de Radio Caracol (Colombie), a terminé les trois premiers mois de l'année sur un léger bénéfice de 100.000 euros. Ce résultat, en forte hausse par rapport au chiffre du premier trimestre 2021 (perte nette de 13,8 millions), est le fruit de "la restructuration mise en place tout au long de 2021", a assuré le groupe dans un communiqué.
Le chiffre d'affaires du groupe de médias a progressé sur cette période de 32,8%, pour atteindre 210,6 millions d'euros. Son résultat brut d'exploitation (Ebitda) a atteint 43,8 millions, soit une hausse de 156,3% sur un an. "Le groupe se trouve à un moment décisif où toutes les mutations engagées nous permettent d'aborder l'avenir en étant concentré sur la croissance de l'entreprise", a souligné le président de Prisa, Joseph Oughourlian.
Dans ce contexte, "nous maintenons les prévisions établies en début d'année", a ajouté dans un communiqué M. Oughourlian, tout en se disant "prudent" face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine. Prisa, qui tire la majorité de ses revenus de son activité d'édition de livres scolaires, a beaucoup souffert de la fermeture des écoles en Amérique du Sud provoquée par la pandémie, qui a fait s'envoler sa dette.
Il a depuis engagé une réorganisation de ses activités ainsi qu'un plan de réduction des coûts, pour réduire sa dette: cette dernière a atteint 796 millions d'euros fin mars, contre 825 millions d'euros en décembre.
Ces résultats sont publiés alors que le géant des médias Vivendi a annoncé début avril renoncer accroître sa participation dans le groupe espagnol. Selon une source proche de l'entreprise, les motivations du groupe français seraient "purement techniques".
Vivendi, contrôlé par l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, avait demandé fin octobre à Madrid l'autorisation de pouvoir renforcer sa part dans Prisa jusqu'à 29,9%, seuil de déclenchement d'une OPA, contre 9,9% actuellement.
Cette demande était depuis à l'étude par le gouvernement espagnol, qui a renforcé temporairement depuis 2020 les règles sur les investissements étrangers afin de protéger ses activités stratégiques.
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