24/03/2022 07:41

Le mandataire des anciennes sociétés de Bernard Tapie, décédé le 3 octobre, s'est désisté de l'appel formé contre la liquidation des sociétés

Le mandataire des anciennes sociétés de Bernard Tapie, décédé le 3 octobre, s'est désisté de l'appel formé contre la liquidation des sociétés prononcée il y a près de deux ans, a-t-il indiqué mercredi à la cour d'appel de Paris. Le tribunal de commerce de Bobigny avait décidé le 30 avril 2020 de la liquidation des sociétés Groupe Bernard Tapie (GBT), actionnaire majoritaire de la Provence, et Financière et Immobilière Bernard Tapie (FIBT), qui détenait l'hôtel particulier de la rue des Saints-Pères à Paris, l'hôtel de Cavoye. L'ancien ministre avait en effet été condamné en 2015 par la justice à rembourser plus de 400 millions d'euros, attribués via un arbitrage de 2008, qui devait solder son litige avec le Crédit Lyonnais.

Pour payer cette dette, Bernard Tapie avait présenté un troisième plan de redressement de ses sociétés, mais le tribunal de commerce l'avait rejeté. Bernard Tapie avait alors fait appel. Il est décédé le 3 octobre d'un cancer.

Lors d'une audience mercredi, l'avocat du mandataire ad hoc des sociétés GBT et FIBT a confirmé, après avoir consulté la famille de Bernard Tapie, l'abandon de ce recours. L'appel n'était néanmoins pas suspensif et la liquidation est enclenchée depuis avril 2020. Dans cette affaire, le Consortium de Réalisation (CDR), une entité sous la tutelle du ministère de l'Économie, reste le principal créancier de la dette, à hauteur de 438 millions d'euros.

Fin décembre, le CDR a reçu un acompte de 65 millions d'euros, le premier de cette importance, après la vente de l'hôtel de Cavoye, selon le CDR. Cette résidence parisienne prestigieuse a été vendue au milliardaire François Pinault. Parallèlement, le processus de cession des 89% du groupe de presse La Provence, détenus par Bernard Tapie, est en cours.

Lors d'un second appel d'offres en février, le géant mondial du transport maritime CMA-CGM a proposé 81 millions d'euros et le groupe de Xavier Niel "autour de" 20 millions.

Sur le plan pénal, la cour d'appel a estimé le 24 octobre que l'arbitrage de 2008 avait bien fait l'objet d'une escroquerie, et elle a condamné quatre hommes, dont l'ancien avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, et celui qui était alors patron d'Orange, Stéphane Richard - cette condamnation lui a coûté son poste. Les prévenus ont formé des pourvois, sur lesquels la Cour de cassation doit se prononcer d'ici plusieurs mois.

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