06/10 16:31

Trente ans de réclusion criminelle ont été requis contre un homme jugé aux assises des Yvelines pour l'assassinat de son ex-femme dans un "déchainement de violence"

"Au regard de la barbarie des faits commis", trente ans de réclusion criminelle ont été requis à Versailles contre Jean Jaubert, jugé aux assises des Yvelines pour l'assassinat de son ex-femme en 2019 dans un "déchainement de violence". "C'est l'horreur la plus absolue qui va arriver dans la banalité du quotidien", résume l'avocate générale Lauriane Pinard devant la cour d'assises qui tente de comprendre, depuis vendredi, la mécanique d'un homme inséré qui, déprimé, séparé, ne voit que la mort, celle de son ex-femme puis la sienne, comme exutoire.

Le 24 janvier 2019, cinq mois après le prononcé du divorce, Jean Jaubert, ainsi qu'il l'a reconnu durant l'enquête et pendant le procès, a tué sa femme, lui qui n'avait jamais porté auparavant un seul coup sur Isabelle T., 48 ans, professeure de sport et mère de ses deux enfants.

Ce féminicide, "l'horreur de ce qu'il s'est passé, personne, personne ne pouvait l'imaginer", lance l'avocate générale au début de sa réquisition qui a duré une heure.

Point par point, Mme Pinard décrit un "assassinat bien réfléchi", relevant les recherches sur Internet, l'achat du couteau en céramique, du marteau et des gants dix jours plus tôt, des deux repérages avant le passage à l'acte, qui précède sa tentative de suicide.

A propos du "carnage", elle rappelle l'audition difficilement soutenable de la médecin légiste, les photos du corps qui témoignent des vingt-deux coups de couteau, puis des quinze coups de marteau sur le crâne de son ex-femme, alors déjà tombée sur le sol de la cuisine.

Dans le même temps, les parents de la victime, présents chez leurs fille ce matin-là pour l'aider à déménager, seront gravement blessés en tentant de s'interposer.

"S'ils ne sont pas morts, ce n'est pas de son fait", tonne l'avocate générale pour convaincre la cour d'assises de la culpabilité de l'accusé sur la double tentative de meurtre, pour laquelle il est également jugé.

Ancien haut cadre municipal, l'accusé, 50 ans, est vêtu de la même veste sombre que la veille, et porte le même regard placide qui ne l'a pas quitté depuis le début du procès.

Après les plaidoiries de la défense, le verdict est attendu mercredi en fin de journée.

Au total, 102 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint - et 23 hommes -, selon le bilan 2020 des "morts violentes au sein du couple".

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Vos réactions

Portrait de Greenday2013
7/octobre/2021 - 13h53

Pourquoi le nom du meurtrier est-il donné dans cet article ? Quelle est la différence avec les autres meurtriers ?

Portrait de Climato
7/octobre/2021 - 11h52 - depuis l'application mobile

Dommage que la peine de mort ne soit pas en vigueur comme aux Etats-Unis.