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L'Agence France-Presse, poursuivie en diffamation par la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen pour une dépêche publiée en juillet 2017, a été relaxée

L'Agence France-Presse (AFP), poursuivie en diffamation par la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen pour une dépêche publiée en juillet 2017, a été relaxée mardi par le tribunal correctionnel de Paris. La présidente du RN avait porté plainte pour "diffamation publique envers un particulier" contre l'AFP et l'un de ses journalistes à la suite de la publication d'une dépêche rappelant les procédures pénales alors en cours à l'encontre du parti présidé par l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. La dépêche incriminée avait pour titre: "Au FN, une refondation sous menace judiciaire".

Elle rappelait que le Front national (ancien nom du Rassemblement national, NDLR) et sa présidente étaient visés par plusieurs enquêtes concernant notamment le financement des campagnes législatives et présidentielle de 2012.

La dépêche rapportait notamment, de manière anonyme, l'opinion de certains membres ou anciens membres du FN affirmant que Marine Le Pen avait pu "profiter" du système de surfacturation mis en place pour financer les législatives de 2012 au détriment de l'Etat et visé alors par la justice.

Selon le tribunal, les "interrogations" soulevées par la dépêche constituaient "un sujet d'intérêt général" méritant "d'être porté à la connaissance du public".

Jugé pour cette affaire en novembre 2019, le parti de Mme le Pen a été finalement relaxé en juin 2020 des accusations d'escroquerie dans le financement des législatives de 2012.

Le parquet a fait appel de ce jugement.

Dans son jugement, le tribunal correctionnel a rappelé mardi qu'il "importe peu" que le RN ait été par la suite relaxé du chef d'escroqueries car "la bonne foi s'apprécie au regard des éléments en possession de l'auteur de l'article au jour de sa publication".

Le tribunal a relevé également que le journaliste auteur de la dépêche ne présentait pas "d'animosité personnelle" à l'encontre de Mme Le Pen et "a été particulièrement prudent dans le rapport qu'il a fait des soupçons des anciens collaborateurs du Front national".

Mme Le Pen avait elle-même annoncé sa plainte sur son compte Twitter accusant au passage l'AFP d'être devenue "une usine à ragots diffamatoires". Le tribunal a jugé que l'AFP et le journaliste mis en cause par Mme Le Pen pouvaient "bénéficier du fait justificatif de la bonne foi". En conséquence, le tribunal a décidé de les relaxer.

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Vos réactions

Portrait de stbx00
8/septembre/2021 - 17h56
vraimentcompliqué a écrit :

Donc si je resume et je précise en préambule ne pas être fan ni du RN ni de Mme Le Pen : Même si plusieurs annés après le diffâmé est blanchi L'AFP était, au moment de la parution de la dépêche, dans son droit d'informer car dans "la bonne foi". Cela signifie donc que  "l'information" journalistique est désormais aussi fiable que des propos de bistrot !

Je trouve surtout que l'article omet pas mal d'informations. Si MLP a attaqué, c'était à propos de la diffamation subie à titre personnel.

Au final dans cette affaire le FN a été quand même été condamné pour recel d'abus de biens sociaux.

Frédéric Chatillon a été condamné à 2 ans et demi de prison dont dix mois ferme et 250.000 euros d'amende.

Jean-François Jalkh a été condamné a une peine de prison de 2 ans, dont 18 mois avec sursis, et de cinq ans d'inéligibilité.

300.000 euros d'amende pour le micro parti Jeanne.

Wallerand de Saint-Just a été condamné à 6 mois de prison avec sursis.

C'est assez habile de n'attaquer que sur un point pour laisser croire à une victoire judicaire qui n'en est pas une...