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La veuve du caricaturiste Georges Wolinski et six dessinateurs de presse, dont des rescapés de l'attentat contre Charlie Hebdo, lancent un appel à Emmanuel Macron

La veuve du caricaturiste Georges Wolinski et six dessinateurs de presse, dont des rescapés de l'attentat contre Charlie Hebdo, ont appelé le président Emmanuel Macron à mettre en oeuvre la création de la Maison européenne du dessin de presse pour laquelle s'il s'était engagé.

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, les signataires rappellent le souhait formulé en 2020 par le chef de l'Etat "de créer en France la Maison du dessin de presse et du dessin satirique, idée lancée par Georges Wolinski au début des années 2000", et ce "pour défendre cet art de l'esprit critique".

Le texte est signé de Maryse Wolinski, Coco, rescapée de l'attentat de janvier 2015 perpétré par les deux frères Kouachi, Riss, actuel directeur de Charlie Hebdo et également rescapé, Juin, qui a rejoint la publication après l'attentat, Kak, dessinateur à l'Opinion, Xavier Gorce, ex-dessinateur dans le journal Le Monde, et Patrick Chapatte, ex-dessinateur au New York Times (qui ne publie plus de dessin de presse).

"La création d'un tel lieu se justifie d'autant plus que la presse satirique appartient à notre histoire (...) et s'est développée jusqu'à nos jours comme contre-pouvoir", soulignent les signataires. Après la décapitation du professeur d'histoire Samuel Paty en octobre 2020, qui avait montré une des caricatures de Mahomet à ses élèves, Emmanuel Macron avait "défendu avec constance le droit à la caricature, cette forme d'expression que les intégristes ne supportent pas et qui mérite d'être protégée, valorisée, défendue", rappellent les signataires.

Cette Maison européenne du dessin de presse aurait pour mission de "défendre ce langage, le diffuser, le rendre accessible à tous (...), accompagner les dessinateurs, ne pas laisser seuls les professeurs et les associations".

Les signataires indiquent que deux missions de préfiguration avaient été lancées par le ministère de la Culture pour étudier les possibilités de création de cette maison.

La région Île-de-France est "très déterminée pour soutenir financièrement" ce projet et la Ville de Paris est "prête à l'accueillir". "Il ne manque plus que votre engagement, celui de l'État, qui ne serait autre que le respect de la parole donnée", conclut le texte.

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