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Les autorités algériennes ont décidé de retirer l'accréditation de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, accusée de "désinformation"

Les autorités algériennes ont décidé  de retirer l'accréditation de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, accusée de "désinformation", indique un communiqué officiel. "Le ministère de la Communication a décidé samedi de retirer l'accréditation octroyée à la représentation à Alger de la chaîne de télévision d'information arabe +El Arabia+", précise le communiqué.

Ce retrait est motivé par "le non-respect par cette chaîne des règles de la déontologie professionnelle et son recours à la désinformation et à la manipulation", précise le ministère dans ce communiqué cité par l'agence de presse officielle APS, sans autres détails. Contactée par l'AFP, la chaîne n'était pas joignable pas dans l'immédiat.

Depuis juin, Al-Arabiya est la deuxième chaîne de télévision étrangère privée d'accréditation après France 24. Le 13 juin, les autorités algériennes avaient décidé de retirer l'accréditation à France 24 en raison de son "hostilité manifeste et répétée", après avoir mis en garde la chaîne d'informations en mars pour sa couverture du Hirak, le mouvement populaire de contestation du régime. Paris avait "regretté" cette décision vivement critiquée par deux organisations de journalistes -- la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) -- y voyant une très grave atteinte à la liberté de la presse.

Depuis des années, les médias étrangers travaillant en Algérie sont soumis à une procédure d'accréditation bureaucratique, opaque et aléatoire. Et les conditions de travail sont difficiles pour les journalistes algériens, sur fond de répression du Hirak par les autorités.

Né en février 2019 du rejet populaire d'un cinquième mandat présidentiel d'Abdelaziz Bouteflika, le Hirak -- un mouvement pacifique et sans véritable leadership -- réclame un changement radical du système de gouvernance en place depuis l'indépendance.

Après avoir boudé la présidentielle de fin 2019 puis le référendum constitutionnel de fin 2020, la population algérienne s'est de nouveau détournée des urnes lors des législatives organisées en juin pour tenter d'affermir la légitimité du gouvernement, le taux d'abstention ayant avoisiné 70%, selon des données officielles.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF, sans changement comparé à 2020. Mais le pays a perdu 27 places depuis 2015.

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