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L'Autorité de la concurrence fait part de sa "vigilance" à l'égard des regroupements et concentrations du secteur de la billetterie dans les musiques actuelles

L'Autorité de la concurrence a fait part de sa "vigilance" à l'égard des regroupements et concentrations du secteur de la billetterie dans les musiques actuelles, à l'occasion de la remise d'un avis demandé par la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

"On a vu au cours des dernières années un certain nombre de regroupements des grands acteurs de la billetterie", a expliqué la présidente de l'autorité Isabelle de Silva lors d'une conférence de presse, précisant qu'"il pourrait y avoir des effets d'exclusion si la concurrence n'était pas maintenue".

Ces observations prennent place "dans un contexte où toute la chaîne de l'industrie musicale a essayé de se déplacer vers la vente de billets de spectacle", a-t-elle ajouté, et où de grands acteurs internationaux du spectacle vivant (Live Nation et AEG) ont "essayé d'intégrer tous les maillons". Les "regroupements importants" de billetteries, de salles de spectacles et de festivals constituent, selon la présidente, un "phénomène qui mérite d'être suivi et que les acteurs publics réfléchissent aussi à la gestion de certains lieux culturels".

Les "pratiques dites d'exclusivité" demandées par certains festivals à des artistes constituent également un "élément de vigilance" pour l'autorité de la concurrence. "Nous ne voyons toutefois pas de risque d'un manque de concurrence", a assuré Isabelle de Silva, dans "un secteur qui reste assez éparpillé". D'après l'institution, 42% des représentations de spectacles de musique actuelle se font dans des salles de moins de 100 personnes qui représentent 2% de la billetterie tandis que 1% des représentations, dans des grandes salles, regroupent 34% de la billetterie.

"Aujourd'hui, les festivals sont devenus des acteurs qui pèsent dans l'économie", a complété la présidente de l'Autorité de la concurrence. L'avis rendu aborde néanmoins "de nouveaux sujets concernant les modes de rémunération sur les plateformes" qui ont "des effets très forts pour les artistes". Le système actuel des plateformes rémunère davantage les ayants droits des chansons écoutées le plus grand nombre de fois, ce qui crée des disparités entre les types de musiques, en faveur de ceux écoutés par les jeunes qui écoutent "des dizaines voire des centaines de fois", le même morceau. "Une réflexion des pouvoirs publics est menées pour pouvoir préserver la diversité de la scène musicale et artistique", précise la présidente de l'autorité.

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