30/05 14:02

"L'Equipe" lance une plateforme en ligne qui proposera, en plus de l'actualité sportive, des contenus originaux et du sport en direct

   Par Frédéric POUCHOT

L'Equipe a lancé une plateforme en ligne qui proposera, en plus de l'actualité sportive, des contenus originaux et du sport en direct, une façon pour le groupe durement touché par la crise sanitaire de rebondir en accélérant dans le numérique. Cette plateforme, qui se substituera au site du groupe, proposera aux côtés des informations sportives deux nouveaux piliers pour attirer les internautes: "Explore", qui regroupera 300 créations et contenus originaux autour du sport (reportages, documentaires, podcasts, enquêtes, longs formats, etc); et "Live", qui se veut "la plus grande offre de sport en direct accessible à tous", selon les dirigeants du groupe de médias sportifs.

Cette offre "Live" sera composée de 35 sports, dont 25 sports olympiques, avec de la natation, de l'athlétisme, des sports mécaniques, du foot, du basket, du ski freestyle, etc. Certaines compétitions seront disponibles exclusivement sur la plateforme et d'autres en partie diffusées sur la chaîne TNT du groupe. "Live" inclura un total de 2.500 heures de directs dont 1.800 exclusives à la plateforme (non diffusées sur la chaîne L'Equipe ou ailleurs), disponibles également en rattrapage, avec 287 événements et 23 championnats européens ou mondiaux, a précisé le groupe lors d'une conférence de presse.

Cette offre de sports en direct sera en quasi-totalité gratuite, comme la chaîne L'Equipe qui est diffusée sur le canal 21 de la TNT. Elle vise à développer l'audience numérique de L'Equipe (qui revendique déjà 60 millions de vidéos vues par mois) et ses recettes publicitaires. L'offre Explore se veut quant à elle le moteur des abonnements à la plateforme: les abonnés auront accès à l'ensemble de ces contenus originaux, quelle que soit la formule choisie, pour des prix qui s'échelonneront de 7,99 à 15,99 euros par mois.

Cette plateforme doit permettre à L'Equipe de passer "dans une nouvelle ère numérique", a commenté Laurent Prud'homme, le nouveau directeur général du groupe de médias sportifs, qui a succédé début mars à Jean-Louis Pelé. Il voit dans ce projet, qui doit aider le groupe à remplir son objectif de 450.000 abonnements numériques à l'horizon 2025 (contre 308.000 actuellement) "un tournant", comparable au passage du quotidien L'Equipe au format tabloïd, en 2015, ou à l'arrivée de la chaîne L'Equipe sur la TNT gratuite en 2012. Une mutation numérique qui a été accélérée l'an dernier par la crise sanitaire. Celle-ci a fortement touché la presse écrite et les médias sportifs, avec l'arrêt pendant des mois des compétitions, la chute du marché publicitaire, sans oublier la faillite du distributeur de journaux Presstalis.

Autre illustration de la transformation du groupe, l'hebdo France Football, fondé en 1946 et créateur du célèbre Ballon d'or, va devenir un mensuel à compter du 12 juin, a précisé mardi Jérôme Cazadieu, directeur de la rédaction de l'Equipe. Ce changement avait été décidé l'an dernier pour réaliser des économies. Si le groupe repart à l'offensive avec le lancement de cette plateforme, les syndicats s'interrogent de leur côté sur les moyens affectés à ce dispositf, alors que le groupe est engagé dans un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant la suppression d'une cinquantaine de postes.

Ce PSE vient d'être validé par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets), et va donc pouvoir s'appliquer. Il avait été à l'origine d'une grève massive qui a entraîné la non parution du quotidien sportif pendant deux semaines en janvier. Pour Stéphane Antoine du SNJ-CGT, "c'est un projet très ambitieux, mais les effectifs affectés par l'entreprise au service Explore dans le cadre de la réorganisation ne suffiront pas à alimenter la plateforme en contenus payants". Et pour le moment, "les représentants du personnel n'ont pas eu d'informations sur les moyens mis en oeuvre pour fournir une quinzaine de contenus inédits par mois sur la plateforme, et notamment sur le recours à des pigistes ou des fournisseurs extérieurs", a-t-il ajouté.

Ailleurs sur le web

Vos réactions