La police de la région de Moscou a affirmé mercredi que le journaliste russe
Anatoli Adamtchouk, tabassé lundi, avait mis en scène son agression, des
accusations que l'intéressé rejette.
"La police a établi (...) que
l'initiateur et le metteur en scène de l'attaque est le plaignant", indique
la police dans un communiqué, précisant que le journaliste a payé 1.000
roubles (23 euros) deux adolescents pour l'attaquer. Ces derniers seraient
passés aux aveux.
M. Adamtchouk, journaliste au journal local de Joukovski
(banlieue de Moscou) Joukovskie Vesti, a démenti ces accusations. Dès mardi,
il a indiqué sur le site de son journal www.zhukvesti.ru que des policiers étaient
venus l'interroger à l'hôpital et l'accusaient d'avoir organisé son
agression.
"Ils ont expliqué que l'enquête criminelle n'était pas aussi
simple qu'elle semblait au départ, et ils m'ont accusé d'automutilation,
d'avoir berné tout le monde", a-t-il dit dans un enregistrement mis en ligne
sur le site.
M. Adamtchouk, qui souffre d'un traumatisme crânien et d'une
commotion cérébrale, a indiqué avoir refusé de "répondre aux questions
provocatrices" des policiers.
Ce journaliste a publié plusieurs
articles critiquant le projet des autorités locales d'abattre une partie de
la forêt de Joukovski pour construire une autoroute vers l'aérodrome qui
accueille chaque année le prestigieux salon aéronautique Maks. L'initiative
a suscité de vives protestations des habitants.
L'aggression contre
Anatoli Adamtchouk est intervenue 48 heures après une attaque contre un
autre journaliste russe, Oleg Kachine, du quotidien indépendant Kommersant,
placé en coma artificiel après avoir été grièvement blessé par deux
agresseurs qui l'ont sauvagement frappé sans rien lui voler.
De nombreux
journalistes ont été agressés, blessés ou assassinés ces dernières années en
Russie, les enquêtes de police ne débouchant que très rarement.
Le cas
le plus connu est celui de la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa,
assassinée à Moscou en 2006. Quatre ans après, le commanditaire de ce
meurtre n'a toujours pas été identifié par la justice.
Clair. Le pouvoir en Russie est prêt à tout pour discréditer ses opposants et faire croire qu'on lui fait un mauvais procès. On pourrait croire que les médias occidentaux y verraient plus clair.
Vos réactions
Clair. Le pouvoir en Russie est prêt à tout pour discréditer ses opposants et faire croire qu'on lui fait un mauvais procès. On pourrait croire que les médias occidentaux y verraient plus clair.
Réagissez
Nouveau ?
Inscrivez-vousDéjà membre ?
Mot de passe oublié ?