10/11/2010 13:03

Un journaliste accusé d'avoir mis en scène son agression

La police de la région de Moscou a affirmé mercredi que le journaliste russe Anatoli Adamtchouk, tabassé lundi, avait mis en scène son agression, des accusations que l'intéressé rejette.  

"La police a établi (...) que l'initiateur et le metteur en scène de l'attaque est le plaignant", indique la police dans un communiqué, précisant que le journaliste a payé 1.000 roubles (23 euros) deux adolescents pour l'attaquer. Ces derniers seraient passés aux aveux.  

M. Adamtchouk, journaliste au journal local de Joukovski (banlieue de Moscou) Joukovskie Vesti, a démenti ces accusations. Dès mardi, il a indiqué sur le site de son journal www.zhukvesti.ru que des policiers étaient venus l'interroger à l'hôpital et l'accusaient d'avoir organisé son agression.  

"Ils ont expliqué que l'enquête criminelle n'était pas aussi simple qu'elle semblait au départ, et ils m'ont accusé d'automutilation, d'avoir berné tout le monde", a-t-il dit dans un enregistrement mis en ligne sur le site.  

M. Adamtchouk, qui souffre d'un traumatisme crânien et d'une commotion cérébrale, a indiqué avoir refusé de "répondre aux questions provocatrices" des policiers.  

Ce journaliste a publié plusieurs articles critiquant le projet des autorités locales d'abattre une partie de la forêt de Joukovski pour construire une autoroute vers l'aérodrome qui accueille chaque année le prestigieux salon aéronautique Maks. L'initiative a suscité de vives protestations des habitants.  

L'aggression contre Anatoli Adamtchouk est intervenue 48 heures après une attaque contre un autre journaliste russe, Oleg Kachine, du quotidien indépendant Kommersant, placé en coma artificiel après avoir été grièvement blessé par deux agresseurs qui l'ont sauvagement frappé sans rien lui voler.  

De nombreux journalistes ont été agressés, blessés ou assassinés ces dernières années en Russie, les enquêtes de police ne débouchant que très rarement.  

Le cas le plus connu est celui de la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, assassinée à Moscou en 2006. Quatre ans après, le commanditaire de ce meurtre n'a toujours pas été identifié par la justice.

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Vos réactions

Portrait de Firenze
10/novembre/2010 - 13h21

Clair. Le pouvoir en Russie est prêt à tout pour discréditer ses opposants et faire croire qu'on lui fait un mauvais procès. On pourrait croire que les médias occidentaux y verraient plus clair.