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Des partis politiques ont joint leurs voix à celles des défenseurs des droits humains pour demander la libération de journalistes et militants emprisonnés au Maroc

Des partis politiques ont joint leurs voix à celles des défenseurs des droits humains pour demander la libération de journalistes et militants emprisonnés au Maroc, au nom d'un souci d'"apaisement". Alors que les procès de deux journalistes incarcérés depuis près d'un an sont en cours, ce souci est affiché par trois formations de l'opposition -Authenticité et modernité (PAM), Istiqlal (PI) et Progrès et socialisme (PPS)- ainsi que par le Parti justice et développement (PJD), à la tête de la coalition gouvernementale. "Il est nécessaire de créer un climat général positif basé sur un apaisement politique et la protection des droits humains", ont affirmé le PAM, le PI et le PPS dans un récent communiqué.

Le conseil national du PJD a lui évoqué "la nécessité d'un apaisement" en souhaitant que soit trouvée "la formule appropriée pour la libération des personnes condamnées dans le cadre de manifestations sociales et des journalistes détenus".

"Notre pays a besoin d'un nouveau souffle", a affirmé à l'AFP Driss Azami, le président du conseil national du PJD, précisant que l'appel de son parti concernait "tous les condamnés dans le cadre de mouvements sociaux mais également tous les journalistes emprisonnés".

"Nous ne supportons pas les pressions étrangères" en leur faveur, "nous ne voulons recevoir de leçons de personne, d'où ces appels à l'apaisement", a-t-il encore dit. En écho, le secrétaire général du PAM Abdelatif Ouahbi juge "primordial de trouver une solution pour libérer l'ensemble des journalistes et ce qui reste des détenus du Hirak", en référence aux militants condamnés à des lourdes de peines de prison en lien avec le mouvement de protestation sociale ayant agité le nord du Maroc en 2016-2017. Au total, ils sont encore sept emprisonnés.

Dans un entretien à l'AFP, M. Ouahbi reconnaît des "dérapages ne reflétant pas la tendance générale" et la nécessité de les "réparer", en s'inquiétant notamment de l'impact négatif sur l'image du pays.

Ces appels concernent notamment les cas de deux journalistes, Soulaimane Raissouni, 48 ans, et Omar Radi, 33 ans, qui ont entreprise des grèves de la faim pour protester contre leur détention "arbitraire". Le premier a cessé de s'alimenter le 8 avril et a perdu 25 kilos depuis son incarcération, selon son épouse.

Le second a suspendu son mouvement après 21 jours mais reste très affaibli, selon son père. Ils attendent depuis plusieurs mois leur jugement sur des accusations de viol -accompagnées pour M. Radi de poursuites pour espionnages- qu'ils nient tous deux. M. Raissouni, rédacteur en chef du quotidien Akhbar Al Yaoum, a été interpellé il y un an après une plainte déposée par un militant LGBT.

M. Radi est pour sa part en détention préventive depuis près dix mois, après une plainte d'une des ses collègues de travail. Ce reporter indépendant est parallèlement poursuivi pour "financements étrangers" et "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat".

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