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Le magazine VSD condamné pour "injure publique" à l'encontre de la SNCF pour avoir comparé les grèves dans la compagnie ferroviaire aux pratiques du groupe jihadiste Etat islamique

Le magazine VSD a été condamné pour "injure publique" à l'encontre de la SNCF pour avoir comparé les grèves dans la compagnie ferroviaire aux pratiques du groupe jihadiste Etat islamique. Georges Ghosn, directeur de publication du magazine, a été condamné par la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris à payer un euro symbolique à la SNCF "en réparation de son préjudice moral". M. Ghosn a été condamné en outre à payer la somme de 2.000 euros à la SNCF au titre des "frais irrépétibles". Dans un éditorial publié en novembre 2019, Georges Ghosn dénonçait les grèves des cheminots, qui, selon lui, prennent "en otage les familles" et "les travailleurs". "Ils utilisent les salariés en France comme Daesh utilise les femmes et les enfants en boucliers humains en Syrie", écrivait Georges Ghosn. Cette référence au groupe jihadiste Etat islamique était reprise bien en évidence, en rouge et en capitales, dans un intertitre du magazine. La pratique y étant cette fois attribuée à "la SNCF" dans son ensemble. C'est cet intertitre qui avait fait l'objet d'une plainte de la SNCF, la compagnie ferroviaire y voyant "une invective à son endroit".

La faute était aggravée par le fait que l'auteur de l'éditorial incriminé en était "le directeur de publication lui-même et que le magazine n'a pas pour ligne éditoriale l'outrance ni la caricature". La défense du magazine avait expliqué qu'il s'agissait d'un "billet d'humeur". "La comparaison entre une grève et une prise d'otage est une opinion largement répandue", avait avancé la défense. Les propos poursuivis renferment "une invective" envers la SNCF en la comparant à "une organisation terroriste dont le nom est communément associé aux actions meurtrières massives menées à travers le monde et en particulier en France", a estimé le tribunal. "L'attaque grossière qu'ils contiennent (...) ne permet pas de considérer que ces propos relèvent de la liberté d'expression. Dans ces conditions, il convient de considérer que l'injure publique envers un particulier est ici constituée", a jugé le tribunal.

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