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Le gouvernement justifie la fermeture des cinémas et théâtres devant le Conseil d'Etat, qui a été saisi en urgence par les professionnels de la culture et qui rendra sa décision demain

Le gouvernement a justifié la fermeture des cinémas et théâtres, "un crève-coeur", par la nécessité "d'éviter des morts évitables", devant le Conseil d'Etat, qui était saisi en urgence par les professionnels de la culture et qui rendra sa décision mercredi.

Plusieurs recours en référé-liberté, déposés par de nombreuses organisations professionnelles du spectacle vivant et du cinéma, étaient examinés par la plus haute juridiction administrative.

Tous contestent la décision du gouvernement de prolonger, au moins jusqu'au 7 janvier, leur fermeture, pour lutter contre la pandémie.

La décision sera rendue mercredi, a annoncé le Conseil, qui examinera la veille un recours des musées sur le même thème.

"La situation épidémiologique est très dégradée" et "notre objectif est d'éviter les morts évitables, tout simplement", a déclaré le représentant du ministère de la Santé, Charles Touboul, promettant que la mesure pourra être levée "dès qu'une fenêtre se présentera pour rouvrir dans des conditions sanitaires satisfaisantes".

Dans ce contexte, le gouvernement fait "une balance" entre les impératifs sanitaires et "l'intérêt économique et social", a-t-il expliqué, assumant que ce raisonnement pouvait être "insupportable à entendre" pour les acteurs de la culture.

Il a reconnu qu'aucune étude, "très difficiles à faire", ne prouvait que ces lieux étaient plus propices aux contaminations. Mais il a rappelé l'existence de "risques" malgré les protocoles sanitaires: présence de nombreuses personnes, dans des espaces clos, avec des contacts prolongés.

"Nous sommes tous viscéralement attachés à la culture" mais "il est des activités qu'on ne peut pas arrêter et d'autres qu'on peut suspendre, le moins longtemps possible", a-t-il assuré, glissant que les libertés en jeu pour la culture étaient "d'une autre nature que la liberté de culte", par exemple. "Toutes les activités de loisir, culture et sport, sont traitées de la même façon", a-t-il ajouté.

De leur côté, les professionnels de la culture ont répété leur incompréhension face à une décision qu'ils jugent discriminatoire, alors que les commerces non-essentiels et les lieux de culte ont rouvert, et attentatoire à la liberté d'expression et à la liberté du commerce.

"C'est un choix économique qui est fait" sans être assumé publiquement, a dénoncé à l'audience le directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, insistant sur "l'aspect thérapeutique du théâtre et du cinéma".

"Nous ne souhaitons pas mettre le public en risque", a ajouté le patron de la Fédération des cinémas, Richard Patry, mais "nous ne comprenons pas pourquoi on nous stigmatise : nous demandons à être traités comme les autres".

Egalement auteur d'un recours, le chanteur Francis Lalanne s'est emporté, masque baissé sur le menton : "On peut aller faire la queue à la fromagerie, mais pas devant un théâtre ! La culture vaut-elle moins qu'un fromage ?"

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