17/12/2020 17:12

La commune de Molenbeek en Belgique réintègre l'enseignant qui avait été suspendu pour avoir montré à ses élèves une caricature de Charlie Hebdo montrant le prophète Mahomet nu à quatre pattes

La commune de Molenbeek en Belgique a décidé jeudi de réintégrer l'enseignant qui avait été suspendu fin octobre pour avoir montré à ses élèves de 10-11 ans une caricature publiée par Charlie Hebdo montrant le prophète Mahomet nu à quatre pattes. Lors d'une audition jeudi matin devant l'exécutif de la commune --qui gère l'enseignement primaire--, l'instituteur "a reconnu qu'il avait fait une erreur, ce qui est positif pour nous", a déclaré à l'AFP la bourgmestre Catherine Moureaux. L'homme, dont l'identité n'a pas été précisée, et que l'élue a décrit comme très affecté par la polémique, va pouvoir "réintégrer l'ensemble des classes dans lesquelles il donnait cours", a-t-elle ajouté.

L'affaire avait grand bruit en Belgique en octobre, quelques jours après l'assassinat en France de Samuel Paty, un enseignant décapité pour avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet, lors d'un cours sur la liberté d'expression. Le président des libéraux francophones du MR, un des partis de la coalition au pouvoir, avait dénoncé la suspension du professeur belge, y voyant une mesure "électoraliste" dans une commune bruxelloise comptant une forte communauté musulmane. "La liberté d'expression doit être absolue", avait affirmé le chef du Mouvement réformateur (MR), Georges-Louis Bouchez. La commune dirigée par la socialiste Catherine Moureaux s'était défendue en arguant que des "images obscènes" ne devaient pas être montrées à l'école primaire à des enfants de 10 ans. L'instituteur avait montré ce dessin de Mahomet nu à des classes de 5e et 6e primaire (les deux derniers niveaux, ndlr). "On était sur une question de méthode pédagogique, pas de liberté d'expression. La défense de la liberté d'expression n'a pas de prix", a insisté jeudi Mme Moureaux. "Il faut bien distinguer des enfants de 10 ans d'adolescents de 14 ou 15 ans". L'élue a expliqué que l'enseignant, qui devrait reprendre le travail après les vacances de Noël, bénéficiera d'"un accompagnement" d'une équipes pédagogique pour "le soutenir dans ses préparations de cours".

Molenbeek, a assuré Mme Moureaux, avait décidé dès les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo de fournir aux enseignants, y compris en primaire, des outils pédagogiques sur la liberté d'expression. "Nous avons une mallette pédagogique de 50 pages, avec des visuels, qui était parfaitement appropriée pour aborder la question de l'assassinat de Samuel Paty", a souligné la bourgmestre. "Nous regrettons que ce professeur n'ait pas utilisé ce matériel là". Molenbeek-Saint-Jean, commune populaire d'environ 100.000 habitants, comptant une importante communauté d'origine marocaine, a acquis la réputation d'être un terreau du jihadisme en Europe, quand l'enquête franco-belge sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 (130 morts) a mis en évidence que plusieurs assaillants en étaient originaires.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Linoïe
18/décembre/2020 - 11h23

J'ai vu cette caricature, et je l'ai trouvée "très limite", alors la montrer à des enfants, c'est choquant...  c'est mon avis et ça n'engage que moi. 

Portrait de Libertas
18/décembre/2020 - 06h16
Andrea_31 a écrit :

Prophète ou pas, est-ce que l'école est un lieu où montrer des photos de nus à des gamins de 10-11 ans? Il y a déjà assez de vicieux au sein de l'Education Nationale (même belge) 

Soeur Andrea, d'une part la nudité ce n'est pas forcément sexuel comme le pensent les religions, et d'autres part connaissant les tabous de notre époque sur le corps humain, il est certain qu'on ne voyait pas les organes génitaux sinon il n'aurait jamais été réintégré...

Portrait de Jilou1994
17/décembre/2020 - 22h26
Errare humanum est, perseverare diabolicum 
Portrait de Andrea_31
17/décembre/2020 - 18h07

Prophète ou pas, est-ce que l'école est un lieu où montrer des photos de nus à des gamins de 10-11 ans? Il y a déjà assez de vicieux au sein de l'Education Nationale (même belge)