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Europe 1 : La justice a annulé le licenciement en juin 2019 d'un ex-salarié et délégué syndical, condamné en mars pour harcèlement, poussant la direction de la radio à le réintégrer

La justice a annulé début décembre le licenciement en juin 2019 d'un ex-salarié et délégué syndical d'Europe 1, condamné en mars pour harcèlement moral et sexuel, poussant la direction de la radio à le réintégrer, au grand dam de ses collaborateurs, outrés, a-t-on appris mardi.

En mars, l'ex-responsable des jeux de l'antenne, membre CFTC du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et secrétaire du comité d'entreprise, Kamel A., avait été condamné à 10 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement moral sur trois collègues et sexuel sur une quatrième.

Ce jugement, dont il a fait appel, faisait suite à des plaintes déposées deux ans plus tôt. En décembre 2018, la direction d'Europe 1 avait soumis une demande de licenciement pour motif disciplinaire à l'inspection du travail, procédure prévue pour les salariés protégés comme Kamel A., délégué par leurs mandats syndicaux.

Face au rejet formulé par l'instance deux mois plus tard, notamment pour vice de forme, elle s'était tournée vers la ministre du Travail de l'époque, Muriel Pénicaud, qui avait elle autorisé le renvoi, en juin 2019.

Mais le tribunal administratif de Paris a décidé d'annuler la décision de la ministre, pointant une "irrégularité" dans la procédure de l'entreprise, selon son jugement du 1er décembre, consulté par l'AFP. C'est pour cette raison que la demande de réintégration formulée "vendredi dernier" par M. A. a dû être acceptée, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la direction d'Europe 1, qui a fait appel.

"Nous mettrons en oeuvre tous les moyens juridiques possibles pour protéger les collaborateurs et collaboratrices", a ajouté la même source. Chez les employés de la radio, l'heure est à l'indignation. "Si c'est son droit de revenir, devons-nous pour autant subir sa présence ?", s'est interrogée l'animatrice Emilie Mazoyer dans une lettre ouverte publiée sur Twitter.

"Le sentiment de choc et d'outrage est unanime", a assuré à l'AFP un journaliste, selon qui un rassemblement est prévu mercredi matin devant les locaux de la radio, où doit être reçu Kamel A. La direction ne "peut pas faire l'économie d'un premier rendez-vous", explique le porte-parole.

Les élus du CSE (comité social et économique) de l'UES (unité économique et sociale) d'Europe 1 ont demandé à la direction de "dispenser" Kamel A. de se rendre physiquement dans leur entreprise.

Dans une réponse adressée à Emilie Mazoyer et à l'ensemble des salariés d'Europe 1, la présidente du pôle news de Lagardère, dont dépend la radio, Constance Benqué, a promis un soutien "total et sans faille" à "toutes les femmes victimes des agissement" de Kamel. A. Il a choisi "de demander sa réintégration" plutôt qu'une "indemnisation via le conseil des prud'hommes (...) c'est son droit, mais il n'est pas sans limite" a-t-elle écrit.

"Ma réponse sera ferme et sans équivoque", a-t-elle ajouté. "La CFTC condamne toutes les formes de harcèlement", a de son côté réagi sur Twitter son président, Cyril Chabanier. "A cette heure, cette personne (Kamel. A) n'a plus de mandat CFTC", a-t-il assuré.

Dans une lettre datée du 11 décembre, relayée sur le réseau social, l'Usna-CFTC, la branche audiovisuelle du syndicat, avait annoncé à Constance Benqué avoir désigné Kamel A. comme délégué syndical au sein de l'UES d'Europe 1, avec effet immédiat.

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