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Crise dans le foot Français : Les abonnés de Téléfoot vont-ils pouvoir se faire rembourser, alors que la chaîne est sur le point de s'arrêter ?

Les abonnés de Téléfoot vont-ils pouvoir se faire rembourser? La décision de la Ligue de football de mettre fin vendredi à son contrat avec Mediapro aura quoi qu'il arrive des conséquences sur les consommateurs ayant souscrit aux offres du diffuseur des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2. "Dès lors que vous ne verrez plus rien à l'antenne, vous pourrez réagir", explique à l'AFP Raphaël Bartlomé, responsable juridique de l'UFC Que Choisir.

La chaîne a indiqué vendredi qu'elle diffuserait la compétition jusqu'au 23 décembre au moins. Concrètement, lorsque les abonnés constateront la fin de la diffusion du championnat, et quel que soit leur mode d'abonnement, ils pourront arrêter de payer les mensualités, notamment en mettant fin aux règlements bancaires.

"Il n'y a aucun risque juridique. C'est un principe du code civil, transversal dans tous les contrats", assure M. Bartlomé.

Il conseille tout de même par "prudence" d'adresser un email au service client pour l'informer de l'arrêt des paiements. Combien de personnes sont concernées? Le patron de Mediapro Jaume Roures avait indiqué en octobre que Téléfoot comptait 600.000 abonnés ayant souscrit aux différentes offres de la chaîne. A savoir 25,90 euros par mois avec un engagement d'un an, ou 29,90 euros par mois sans engagement. 

Selon le responsable juridique de l'UFC Que Choisir, "la situation la plus périlleuse" concerne les abonnés qui ont payé "d'avance" un abonnement en direct à la chaîne de Mediapro, notamment si la société rentre en liquidation. "Ca va être le parcours du combattant pour récupérer quelque chose, la probabilité est très très faible", affirme Raphaël Bartlomé.

La majeure partie des abonnements provient toutefois des fournisseurs d'accès à internet: Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont tous signé des accords de distribution avec le groupe sino-espagnol.

"Évidemment si Mediapro cesse d'émettre, ne diffuse pas de matches, et que sur un mois nos clients n'ont pas le service auquel ils se sont abonnés, ils ne seront pas facturés", assure-t-on du côté des opérateurs, encore en attente d'une notification officielle de l'arrêt de la chaîne.

"Notre souhait et préoccupation première, quelle que soit l'issue de ce qui va se passer, c'est de faire en sorte que nos clients ne ratent aucune journée de Ligue 1 et Ligue 2", indique aussi Orange, premier opérateur fixe avec 11,8 millions d'abonnés. La sortie de Mediapro doit encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre, qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre. Il s'agira alors de connaître précisément les conditions, et le possible versement d'un dédommagement en échange de promesses de non poursuites judiciaires, notamment des opérateurs.

La Fédération française des télécoms, qui défend les intérêts des opérateurs, demande "instamment à la Ligue de football professionnel que les droits (des) distributeurs et de leurs clients soient préservés, et ce quelle que soit la suite des événements, l'enjeu de notre secteur reste la protection de ses abonnés".

Des possibles "couacs" peuvent cependant survenir pour certains abonnés si le service client de leur opérateur n'est pas assez réactif, alerte UFC Que Choisir. Les offres issues de l'accord entre Mediapro et Altice (propriétaire entre autres de SFR, mais aussi de RMC Sport), qui permettaient notamment à Téléfoot de codiffuser la Ligue des champions en 2020-2021, risquent aussi de poser des complications, selon M. Bartlomé.

Ainsi, dans le cas de l'offre couplée RMC Sport - Téléfoot, il faudra "trouver une solution alternative car la disparition de Téléfoot serait juridiquement une modification substantielle" du contrat. A terme, un repreneur sera sans doute intéressé par le fichier clients de Téléfoot et sera incité à proposer de nouvelles offres. "Le vrai doute, c'est le temps que ça prendra et le désamour ou le désintérêt des abonnés" pouvant en découler, estime encore M. Barlomé.

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