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Manifestation à Paris - Photographe syrien blessé samedi : Le parquet de Paris annonce qu'il ouvre une enquête pour éclaircir les conditions de survenance" de sa grave blessure au visage

18h36 : Une enquête a été ouverte en "recherche des causes des blessures" subies par le photographe syrien Ameer al-Halbi, collaborateur de l'AFP et de Polka, lors de la manifestation samedi, a appris l'AFP auprès du parquet de Paris. Cette enquête, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), vise à éclaircir les conditions de survenance" de la grave blessure au visage, possiblement par un coup de matraque, de ce photographe âgé de 24 ans qui avait couvert le conflit syrien pour l'AFP et est installé en France depuis près de trois ans.

08h23: Une enquête "administrative interne" a été ouverte par la police, ce que réclamait l'AFP, pour établir les circonstances dans lesquelles un collaborateur de l'Agence, le photographe syrien Ameer al-Halbi, a été blessé samedi à Paris lors de la manifestation contre le texte de loi "sécurité globale" et les violences policières. Ameer al-Halbi, photographe indépendant qui a été primé à plusieurs reprises pour ses photos de la guerre en Syrie pour le compte de l'Agence France Presse, a été grièvement blessé au visage "par un coup de matraque", selon Reporters sans frontières (RSF) qui a dénoncé samedi soir des violences policières "inacceptables".

Installé en France depuis près de trois ans, le photographe de 24 ans couvrait la manifestation parisienne place de la Bastille, à titre indépendant

. "Nous sommes choqués par les blessures infligées à notre collègue Ameer al-Halbi et nous condamnons cette violence non provoquée", a réagi dimanche Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP. M. Chetwynd a souligné qu'au moment des faits, Ameer al-Halbi "exerçait son droit légal comme photojournaliste couvrant les manifestations dans les rues de Paris" et qu'il "se trouvait avec un groupe de collègues clairement identifiés comme journalistes".

"Nous demandons à la police d'enquêter sur ce grave incident et de s'assurer que tous les journalistes soient autorisés à mener leur travail sans peur, ni restriction". Une enquête a donc été diligentée à la demande de la hiérarchie policière et devrait établir comment le photographe, qui n'a pas encore déposé plainte, avait été blessé, a précisé une source policière à l'AFP.

"Ça va mieux", a confié dimanche Ameer al-Halbi, joint par l'AFP.

"Mais le choc a été très dur, en particulier au moment où je me suis retrouvé blessé, saignant fortement au visage, et bloqué pendant deux heures dans la manifestation, coincé entre les manifestants et les policiers qui ne voulaient pas nous laisser sortir pour rejoindre l'hôpital. Là, ce sont des images de Syrie qui ont envahi ma tête". "Je n'avais plus mal au nez, au visage, c'était un mal qui envahissait toute ma tête, le passé qui surgissait", a-t-il ajouté. "A 15 ans je me suis retrouvé à Alep bloqué dans une manifestation, blessé par deux balles dans la main. C'est Alep qui est revenu (samedi) soir".

"Nous étions un groupe de quatre à cinq photographes, clairement reconnaissables, entre les manifestants et les policiers", a-t-il encore souligné. La rédaction de Polka Magazine, avec qui le photographe collabore également, a exprimé dimanche "sa forte indignation suite à l'agression policière dont (il) a été victime".

"Le violent coup de matraque qui l'a blessé au visage visait délibérément un photojournaliste qui exerçait librement son métier", a affirmé dans un communiqué Alain Genestar, directeur de la publication. Ameer al-Halbi a remporté en 2017 le 2e prix de la catégorie "Spot News" pour le World Press Photo et a couvert pour l'AFP les combats et les ravages dans sa ville d'Alep, en plein conflit syrien.

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