23/11 15:04

Affaire des "écoutes": Le procès de Nicolas Sarkozy suspendu jusqu'à jeudi - Une expertise médicale ordonnée pour l'un des protagonistes

Faux départ au procès inédit de Nicolas Sarkozy pour corruption dans l’affaire dite des «écoutes»: le tribunal a suspendu lundi l’audience jusqu’à jeudi, le temps de réaliser une expertise médicale d’un des trois prévenus, l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert.

Saisi d’une demande de renvoi liée au Covid-19 de la part de M. Azibert, appuyée par deux certificats médicaux, le tribunal correctionnel de Paris a ordonné une expertise afin «d’être pleinement informé de son état de santé».

Selon les résultats, le tribunal devra décider jeudi à 13H30 de faire comparaître le prévenu via la visioconférence - à laquelle la défense s’est opposée en bloc - ou de renvoyer l’audience.

Près de sept ans après la révélation de l’affaire «Bismuth», Nicolas Sarkozy doit comparaître devant la justice, soupçonné d’avoir, avec son avocat Thierry Herzog, tenté de corrompre M. Azibert, alors en poste à la Cour de cassation.

Avant lui, un seul ancien président, Jacques Chirac, a été jugé et condamné en 2011 pour les emplois fictifs de la Ville de Paris, mais sans avoir jamais comparu devant ses juges en raison de son état de santé.

Dénonçant un «scandale qui restera dans les annales», Nicolas Sarkozy, 65 ans, a promis d’être «combatif» devant le tribunal et clamé ne pas être «un pourri».

Peu avant 13H30, l’ex-chef de l’Etat est arrivé pour l’audience face à une nuée de caméras, sans faire de déclaration, en costume noir sur chemise blanche, masque chirurgical sur le visage. Dans la salle d’audience, semblant à l’aise, il a salué les avocats et les procureurs financiers.

Alors que la présidente Christine Mée déclinait son identité complète, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, le prévenu a répondu «Sarkozy, c’est suffisant». La magistrate a précisé que la procédure le prévoyait pour le casier judiciaire. En haussant les épaules, il a rétorqué: «Pour l’instant je n’ai pas eu besoin de l’utiliser».

L’affaire qui devait être examinée jusqu’au 10 décembre trouve son origine dans un autre dossier judiciaire: les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui valent une quadruple mise en examen.

Une mise sur écoute dans ce dossier avait révélé l’existence d’une ligne secrète entre l’ancien président et son avocat, ouverte sous le nom de «Paul Bismuth» - en réalité une connaissance du lycée de Me Herzog, qui s’est constituée partie civile au procès.

Selon l’accusation, certaines de leurs conversations ont mis au jour l’existence d’un pacte de corruption: Nicolas Sarkozy a envisagé d’apporter un «coup de pouce» à M. Azibert pour un poste à Monaco qu’il convoitait - et qu’il n’a jamais obtenu.

En contrepartie, ce haut magistrat est soupçonné d’avoir fourni des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par l’ex-chef d’Etat devant la Cour de cassation en marge de l’affaire Bettencourt.

Nicolas Sarkozy, qui avait bénéficié d’un non-lieu dans ce dossier fin 2013, avait saisi la haute juridiction pour faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels, susceptibles d’intéresser la justice dans d’autres procédures.

Dans les conversations fleuries avec son avocat, socle de l’accusation, l’ex-président s’engageait à intervenir en faveur de Gilbert Azibert. «Moi, je le fais monter», «je l’aiderai», dit-il ainsi à Me Herzog.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Sparassis
24/novembre/2020 - 04h40

La diaspora des juges rouges s'acharne sur Nicolas Sarkozy avec un budget dont beaucoup d'enquêteurs sur des crimes de sang aimeraient en avoir que le quart. Cette fatwa idéologique est une gabegie financière en plus d'être politiquement orientée.  

Portrait de Oh Yes It's Good
23/novembre/2020 - 18h40

"Merci hein, merci !" smiley

Portrait de jarod.26
23/novembre/2020 - 17h15

le malade imaginaire smiley

Portrait de Kratuse
23/novembre/2020 - 15h59

Vu qu'il faut en principe une piece d'identité pour souscrire un abo téléphonique, j'ai eté tres surpris d'entendre Mr Claude GEHANT dire que notre ancien president n'avait rien fait de mal...mais peut etre est-ce une pratique habituelle dans ces milieux