09/11/2020 08:31

Depuis l'assassinat de Samuel Paty et l'attentat de Nice, certains catholiques, parmi lesquels plusieurs évêques, ont pris leurs distances avec les caricatures de Charlie Hebdo

Depuis l'assassinat de Samuel Paty et l'attentat de Nice, certains catholiques, parmi lesquels plusieurs évêques, ont pris leurs distances avec les caricatures de Charlie Hebdo qu'ils considèrent comme "offensantes", mais des fidèles, même heurtés, rappellent l'importance de la liberté d'expression. "Non, je ne suis pas Charlie, je suis André Marceau!", affirmait l'évêque de Nice, peu après l'attaque jihadiste commise le 29 octobre contre trois fidèles d'une église de son diocèse, dans un entretien à Nice-Matin.

"Certes la liberté d'expression est sacrée en France, mais que chacun s'assume. Il y a des identités qu'on ne peut pas trop bafouer à la légère", poursuivait-il. Comme lui, d'autres hauts responsables de l'église ont exprimé leurs réserves.

"On ne se moque pas impunément des religions", a tranché, un peu plus tard sur une radio l'évêque de Toulouse Robert Le Gall, jugeant que "la liberté d'expression atteint ses limites" et "qu'on jette de l'huile sur le feu" avec les caricatures.

"Comment croire que la quintessence de l'esprit français réside dans la vulgarité et la malveillance?", s'est interrogé de son côté l'archevêque d'Albi, Jean Legrez. L'évêque d'Avignon Jean-Pierre Cattenoz, tout en condamnant "avec force" les attentats, se demande si "les caricatures blasphématoires sont (...) un droit en démocratie".

Dans un texte publié sur le site du diocèse, il répond "non", confiant avoir "pleuré" devant une caricature ayant "blessé sa sensibilité de chrétien".

Mgr Cattenoz dit également être "resté sans voix devant les déclarations du président de la République", lorsqu'il "a justifié au nom même de la démocratie la liberté de dire et de publier tout et n'importe quoi, la liberté au blasphème sous toutes ses formes. Je croyais rêver !" Plus mesurée, la Conférence des évêques de France, réunie en assemblée plénière, a assuré samedi dans un communiqué: "la liberté doit être défendue, sans faiblesse".

Tout en demandant: "est-ce à dire que la liberté d'expression ne doit connaître aucune retenue vis-à-vis d'autrui et ignorer la nécessité du débat et du dialogue ?" "Oui, les croyants, comme tous les citoyens, peuvent être blessés par des injures, des railleries et aussi par des caricatures offensantes", a poursuivi l'épiscopat, invitant "chacun" à commencer par le "respect" et "la fraternité".

Certains évêques, ceux qui vont le plus loin dans leur expression, "n'ont pas intégré le fait que la séparation des Eglises et de l'Etat impliquait cette liberté d'aller très loin dans la caricature ou l'insulte anti-religieuse (...) Ils considèrent que le +blasphème+ ne devrait pas être libre dans nos sociétés", observe Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, ancien directeur de la rédaction de la Revue Esprit, interrogé par l'AFP. Et chez les fidèles ?

"Les catholiques, ceux pratiquants ou se disant appartenir à l'Eglise, sont malheureux ou mal à l'aise avec ces caricatures", estime-t-il, confiant avoir perçu ces derniers jours sur les réseaux sociaux "un malaise montant sérieusement", y compris "chez les fidèles assez libres par rapport à l'Eglise".

"Ils ne peuvent pas ne pas reconnaître que c'est une liberté fondamentale", affirme M. Schlegel. Mais ils "ne vont pas applaudir des caricatures que généralement ils trouvent grossières, avec des dessins très vulgaires".

C'est le cas d'Auriane You, jeune catholique de 24 ans, qui explique à l'AFP: "je ne suis pas contre la caricature, de manière générale, c'est une forme de liberté d'expression qui peut nourrir le débat, comme par exemple les pièces de Molière". Mais cette agent municipal dans une mairie de Seine-Saint-Denis dit ressentir "un malaise par rapport aux caricatures de Charlie Hebdo, car j'ai l'impression qu'elles n'ont pas vocation à élever le débat, plutôt à humilier et rabaisser".

"Je comprends la crispation ou la tristesse des musulmans qui voient leur foi attaquée sans raison". De son côté, Emmanuelle, autre catholique, pratiquante dans une paroisse parisienne, comprend que "les caricatures puissent être considérées comme choquantes, quand un dessin tourne en dérision quelque chose qui pour nous peut être sacré", souligne-t-elle en précisant. "Charlie Hebdo, ce n'est pas ma revue préférée". Mais, poursuit-elle, "il ne faut pas que ça renverse notre hiérarchie des valeurs: on ne tue pas des gens pour une caricature !"

Selon elle, "la liberté d'expression est un peu plus en danger que la protection du sacré des religions".

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Ninie76700
9/novembre/2020 - 20h53
axl59 a écrit :

1. Prenez un peu de recul. Si vous avez "envie de vomir" en voyant un dessin, je pense que votre santé mentale est en danger.  

2. Charlie hebdo a déjà publié des caricatures d'hommes politiques dans des postures indéliquates. 

3. Si vous insultez une religion sur les réseaux, vous ne serez pas condamnée par un tribunal (liberté d'expression et de blasphème) mais par le tribunal des réseaux sociaux (qui sont la gangrène de notre société). 

Ma santé mentale se portent à merveille !  Vous faites sûrement partie de ces personnes qui lorsque l'on ne pense pas comme elle rien ne va plus. De plus j'ai bien précisé que cela était mon point de vue. 

 Quand je vois les menaces à l'encontre de la France en partie à cause d'une poignée de personnes qui ne trouve rien de mieux que d'exciter une bande de fous (terroristes) Je ne vais sûrement pas les féliciter.  Je n'ai pas envie que l'un de mes proches se fasse tuer dans un attentat en représailles de ce droit au blasphème qui par ailleurs est interdit dans pas mal de pays européens qui ne comprennent pas la position de la France à ce sujet ! 

Portrait de Ninie76700
9/novembre/2020 - 13h29

Je suis catholique, mon conjoint d'une autre religion. Nous sommes non pratiquants et ne parlons jamais de religion à la maison. Quand je vois les caricatures j'ai envie de vomir ! La liberté de blasphème laisser moi rire, si demain Charlie met une photo de Macron à poil en train de se faire enc... cela m'étonnerait qu'ils trouvent ça normal ! Ce qui me dégoûte c'est que sans les attentats "charlie" ce torchon serait en faillite depuis longtemps. Dès que les ventes baissent, on en remet une couche, quitte a ce qu'il y est de nouveau morts ! Ils n'ont absolument aucun respect pour les familles des victimes mortes des suites de leurs dessins stupides. Même si effectivement les terroristes sont des tarés, il ne faut pas plier devant eux, mais cela ne veut pas non plus dire qu'il faut les chauffer pour rien) Si je vai sur les réseaux et me mets à insulter une religion, je me retrouve devant un tribunal et serai certainement condamné. Alors pourquoi ce torchon a t-il le droit d'humilier des milliards de croyants dans le monde. Je ne suis pas pratiquante et je suis même pour la limitation de l'immigration en France mais ces caricatures c'est inadmissible de mon point de vue et de beaucoup de personnes autour de moi.

Portrait de Le Solitaire Seul
9/novembre/2020 - 09h19
l'écume des choses a écrit :

Pour paraphraser Charlie Hebdo je dirais :

 

certains catholiques, parmi lesquels plusieurs évêques se chient dessus 

 

C'est ça.

Avant, c'était un boulot sympa avec les gosses, tout ça ; maintenant ça craint.

 

Portrait de lucieat
9/novembre/2020 - 09h06

Charlie Hebdo a publié ses caricatures, ok, c'est leur metier, même si j'ai toujours trouvé leurs dessins très moches.  En sont découlé les événement qu'on connait et des morts. Republier les mêmes, en plein procès, dans des moments déjà délicats, c'est de la provocation, je trouve qu'ils ont un part de responsabilité dans la mort des tous ces gens. C'était pas la peine d'en rajouter. La liberté de la presse d'accord, mais il faut aussi réfléchir aux conséquences du geste. leurs dessins sur n'importe qui, que ce soit le pape, ou Mahomet ou autres, ne m'ont jamais fait sourire, et jamais je ne donnerai un centime pour les soutenir. Beaucoup d'autres dessinateurs font leur métier avec humour, finesse, mais eux...bof, c'est grossier et nul. Mais ça n'engage que moi évidemment, j'ai beau être large d'esprit contrairement à ce que mon message laisse paraitre, n'empêche, que les conséquences de leur re-publications sont dramatiques, pour les gens et pour notre pays qui est mal vu partout à présent et peut mettre en danger des Français expatriés

Portrait de gros ours
9/novembre/2020 - 08h56

Ils sont charlie cote pile mais des charlots cote face.....