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Le patron d'Orange Stéphane Richard, rejugé à Paris au côté de Bernard Tapie dans l'affaire de l'arbitrage controversé du Crédit Lyonnais en 2008, réfute avoir donné "une instruction" dans ce dossier

Le patron d'Orange Stéphane Richard, rejugé à Paris au côté de Bernard Tapie dans l'affaire de l'arbitrage controversé du Crédit Lyonnais en 2008, a réfuté avoir donné "une instruction" dans ce dossier alors qu'il était directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

"L'idée que j'aie donné l'instruction d'aller en arbitrage est totalement inepte", a affirmé le PDG d'Orange devant la cour d'appel, qui rejuge cette affaire après la relaxe prononcée en juillet 2019 en faveur de MM. Tapie, Richard et de quatre autres prévenus. Poursuivi pour "complicité d'escroquerie" et "complicité de détournement de fonds publics", Stéphane Richard est soupçonné d'avoir joué un rôle déterminant dans le choix de privilégier une procédure d'arbitrage privé afin de solder le vieux litige opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais depuis la revente d'Adidas dans les années 1990.

Comme en première instance, l'énarque de 59 ans, PDG du groupe Orange depuis 2011, a assuré qu'un arbitrage faisait en 2007 l'objet d'"un consensus assez large au sein de l'appareil d'Etat" car il permettait de "trouver une issue" à un "feuilleton qui (durait) depuis une quinzaine d'années". "Mais ce n'est pas moi qui ai amené cette idée de l'arbitrage sur le tapis!", s'est défendu M. Richard, ajoutant qu'elle était "née six mois avant l'élection présidentielle" et la victoire de Nicolas Sarkozy. Après 15 ans dans le privé, M. Richard, ancien inspecteur des finances, avait été nommé en juin 2007 directeur de cabinet, d'abord de Jean-Louis Borloo, puis de Christine Lagarde. Il lui est reproché d'avoir caché à la ministre des notes hostiles à l'arbitrage, ainsi que la présence de Bernard Tapie à une réunion cruciale à l'Elysée le 30 juillet 2007, juste avant l'entrée en arbitrage. "Peut-être" aurait-il dû "mentionner la présence de M. Tapie", a admis le patron d'Orange, même si selon lui cela n'aurait rien changé.

Ex-avocate d'affaires, "Christine Lagarde n'a jamais contesté le bien-fondé d'un arbitrage", a avancé M. Richard. Ne pas s'opposer à cet arbitrage était une "décision assumée" par le gouvernement, a-t-il martelé. Christine Lagarde avait été condamnée fin 2016 par la Cour de justice de la République, pour ne pas avoir exercé de recours contre la sentence arbitrale ayant octroyé en juillet 2008 à Bernard Tapie 403 millions d'euros, dont 45 au titre du "préjudice moral". Cette sentence a depuis été définitivement annulée au civil pour "fraude" et l'homme d'affaires a été condamné à rembourser les millions perçus. Au pénal, l'ancien patron de l'Olympique de Marseille est rejugé pour "escroquerie". Très affaibli par un double cancer, il a quitté l'audience avant l'interrogatoire de M. Richard.

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Vos réactions

Portrait de fifou
26/octobre/2020 - 14h24

Faut dire que la France est drôle smiley J'aime bcp M.Tapie mais pourquoi pas renvoyer le procès en 2025 voire en 2050 ??? je suis né en France je m'en remettrai jamais .