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Professeur décapité - Regardez l'intégralité de la conférence de presse de Jean-François Ricard, procureur général du parquet national antiterroriste, qui fait le point sur l'enquête - Vidéo

Jean-François Ricard, procureur général du parquet national antiterroriste (Pnat) qui s'est saisi de l'enquête : "C'est un enseignant qui a été agressé mais aussi la liberté d'expression. Cela confirme le très haut niveau de la menace dont nous faisons l'objet. Vendredi, à 17h11, la police nationale a été sollicité par la police municipale après la découverte d'un corps sur la voie publique. La police municipale désignait un homme portant une arme de poing comme auteur présumé des faits. La police national a identifié l'agresseur présumé à quelques centaines de mètres du corps découvert.

L'agresseur a couru vers les forces de l'ordre en tirant à cinq reprises avec une arme de poing. Trois des policiers ont riposté, entraînant la chute de l'assaillant. Alors qu'il tentait de se relever et de donner des coups de couteau, il a été neutralisé par les forces de l'ordre. Son corps présente neuf impacts de balles. Un couteau de type poignard, une arme de poing de type airsoft et cinq cartouches de gaz ont été saisies aux côté de l'agresseur.

L'assaillant portait un titre de séjour, il était né le 12 mars 2002 en Russie, il bénéficiait du statut de réfugié et était inconnu des services de renseignement.

Sur le plan judiciaire, il n'a jamais été condamné. Il était toutefois connu pour des affaires de dégradation de biens publics et de violence en réunions. Au moment de ces faits, il était encore mineur.

Les premières investigations ont permis d'établir que début octobre la victime avait, lors d'un enseignement moral et civique dispensé à une classe de 4èmes, évoqué la liberté d'expression. Un débat avait ainsi été organisé autour des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo et de l'opportunité de leurs publications.

Dès le 7 octobre au soir, le père d'une des élèves publiait sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de la diffusion d'une image du prophète nu et appelait à la mobilisation contre le professeur.

Le père s'est ensuite rendu au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine, accompagné de sa fille, pour porter plainte pour "diffusion d'image pornographique". L'élève a indiqué que l'enseignant, préalablement à son exposé, avait demandé aux élèves musulmans de lever la main et de sortir. De son côté, le professeur, conteste avoir demandé aux élèves musulmans de sortir. Il dit avoir en revanche proposé à ses élèves de ne pas regarder les dessins, dans l'hypothèse où ils auraient pu être heurtés. Le professeur a ensuite déposé plainte pour "diffamation publique".

Le 8 octobre, en fin de matinée, le père de l'élève, accompagné d'un second individu, ont été reçu par la responsable de l'établissement. Et ils ont exigé devant la principale le renvoi du professeur.

Le soir-même ils ont diffusé le nom de l'établissement et le nom du professeur. Le soir une vidéo a été postée sur les réseaux sociaux qui citait également Emmanuel Macron et lui attribuait une responsabilité dans ce qui se passait. Selon les premiers témoignages, l'auteur des faits se trouvait devant le collège dans l'après-midi et avait sollicité des élèves afin qu'ils lui désignent la future victime.

Immédiatement après les faits, un message de revendication a été posté sur un compte twitter", affirme le procureur. En plus d'une photo macabre de la victime, un texte violent justifiait le crime au nom d'Allah.

Dans un autre tweet, il désignait la victime par son nom. Après investigations, les enquêteurs ont prouvé que ce compte twitter était bien celui de l'agresseur. L'assaillant avait enregistré dans son téléphone son texte de revendication ainsi que la photographie de la victime. Neuf personnes sont placées en garde à vue, dont le père de l'élève. La demi-sœur de cet homme a rejoint l'Etat islamique en Syrie en 2014."

Le procureur n'a pas souhaité répondre aux questions des journalistes à la fin de la conférence de presse.

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