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YouTube durcit ses règles contre la propagation de théories du complot à des fins violentes, en particulier QAnon, une mouvance conspirationniste pro-Trump

Après Twitter et Facebook, YouTube a annoncé le durcissement de ses règles contre la propagation de théories du complot à des fins violentes, en particulier QAnon, une mouvance conspirationniste pro-Trump qui a gagné du terrain ces derniers mois, galvanisée par les manifestations contre le racisme et l'élection présidentielle du 3 novembre.

Les règlements de la plateforme de vidéos de Google sur la haine et le harcèlement interdisent désormais "les contenus qui ciblent des individus ou groupes de personnes avec des théories du complot qui ont été utilisées pour justifier des violences dans la vie réelle", indique un communiqué. Le réseau social aux 2 milliards d'utilisateurs mensuels dit aussi avoir retiré des dizaines de milliers de vidéos liées à QAnon et interdit des centaines de chaînes, notamment pour avoir "menacé de recourir à la violence" ou "nié l'existence d'événements violents majeurs", comme l'Holocauste.

QAnon est un mouvement d'extrême droite qui défend l'idée que le président américain Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte libérale mondiale composée de pédophiles satanistes. Né sur les réseaux sociaux en 2017, il a gagné en popularité au gré de publications massivement partagées sur Facebook et Instagram. Le géant américain des réseaux a annoncé le 7 octobre le retrait de tous les comptes et contenus liés à la mouvance sur sa plateforme principale et sur Instagram, même les pages qui ne "contiennent pas de contenus violents".

Facebook s'est en effet aperçu que des partisans de ces nombreuses théories conspirationnistes passaient d'un sujet à un autre pour constamment attirer de nouveaux publics. Ses membres se posent notamment en militants contre le trafic d'enfants et utilisent des mots-clefs comme #SaveTheChildren (sauvez les enfants). A titre d'exemple de théories conspirationnistes qui peuvent dégénérer dans le monde réel, YouTube mentionne le "pizzagate" : lors de la campagne électorale de 2016, des internautes avaient affirmé sur le forum de discussion anonyme 4chan que la candidate démocrate Hillary Clinton était impliquée dans un réseau pédophile établi dans une pizzeria de Washington. Convaincu par cette fausse information, un homme avait attaqué au fusil d'assaut ce restaurant, sans faire de victimes.

A moins de trois semaines d'une élection sous haute tension, les plateformes multiplient les mesures pour pacifier les échanges et prouver qu'elles ne sont pas des véhicules de messages de haine et de désinformation. Toutes cherchent un équilibre précaire entre le retrait des contenus les plus problématiques, la mise en valeur des informations considérées fiables et le respect de la liberté d'expression.

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