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Lors d'un curieux duel télévisé à distance, Donald Trump et Joe Biden ont affiché hier soir, sur deux chaînes différentes, leurs styles opposés et leurs profonds désaccords

Lors d'un curieux duel télévisé à distance, Donald Trump et Joe Biden ont affiché hier soir, sur deux chaînes différentes, leurs styles radicalement opposés et leurs profonds désaccords sur la gestion de l'épidémie du coronavirus, à 19 jours de l'élection présidentielle américaine. "Nous sommes dans une situation où nous avons plus de 210.000 morts et qu'est-ce qu'il fait? Rien", a dit le candidat démocrate sur ABC d'un ton calme, se posant en rassembleur d'une Amérique divisée.

"Nous avons fait un travail fantastique (...). Les vaccins arrivent et les traitements arrivent", a lancé presque au même moment le locataire de la Maison Blanche sur NBC. Tendu, agressif, s'agaçant des questions qui lui étaient posées en particulier sur les raisons pour lesquelles il portait si peu le masque, Donald Trump a refusé tout mea culpa.

"Je suis président, je dois voir des gens (...). Je ne peux être enfermé dans une magnifique pièce quelque part dans la Maison Blanche", a-t-il ironisé.

Le président républicain s'est par ailleurs refusé à condamner explicitement la mouvance conspirationniste "QAnon". "Je ne connais rien de QAnon", a-t-il affirmé avant d'assurer qu'il était d'accord avec leurs positions "contre la pédophilie".

Le contraste était saisissant avec son adversaire démocrate, qui fait la course en tête dans les sondages et répondait aux questions de l'audience dans un registre nettement plus calme.

Une fois l'émission terminée, Joe Biden est même resté une trentaine de minutes de plus sur le plateau pour répondre, hors micro, aux spectateurs, sans doute conscient que les images seraient diffusées sur la chaîne.

Il faut "écouter l'autre", a-t-il confié à un électeur qui lui demandait comment il comptait restaurer "la courtoisie et l'honneur" dans la politique américaine.

"Ce que je ferai, si je suis élu président, en premier, et je ne plaisante pas (...) je vais les appeler", les républicains, a-t-il déclaré en rappelant sa réputation lorsqu'il était sénateur, pendant plus de 35 ans, d'homme capable de franchir les barrières partisanes.

En évoquant les plaies du racisme, il s'est présenté à l'opposé de Donald Trump que Joe Biden accuse d'aiguiser les tensions entre Américains: "Si je suis élu président, vous ne m'entendrez pas (...) diviser. Je tenterais de rassembler." Les deux candidats s'exprimaient en même temps, sur deux chaînes différentes depuis la Floride et la Pennsylvanie. Deux Etats-clés remportés par le milliardaire en 2016 mais où Joe Biden apparaît en mesure de disputer la victoire.

Les audiences de ces deux rendez-vous seront particulièrement attendues avant d'être comparées. Quelques heures avant son entrée en scène, Donald Trump avait donné le ton: "J'aimerais pouvoir le regarder pour voir s'il pourra aller jusqu'au bout", a lancé le président de 74 ans, évoquant son adversaire de 77 ans qu'il affuble du surnom "Sleepy Joe".

Les sondages sont inquiétants pour Donald Trump dans cette campagne à rebondissements, pour laquelle plus de 17,5 millions d'Américains ont déjà voté de façon anticipée. L'ancien vice-président démocrate mène de près de dix points de pourcentage dans la moyenne nationale des enquêtes d'opinion pour la présidentielle du 3 novembre.

Mais surtout, bien qu'avec une marge plus étroite, dans les Etats-clés qui font les élections aux Etats-Unis en basculant d'un parti à l'autre. La campagne a de nouveau été chamboulée jeudi par le coronavirus. La candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, a suspendu ses déplacements jusqu'à dimanche "dans un souci de prudence" en raison de cas de Covid-19 dans son entourage.

L'ancien vice-président de Barack Obama a lui décidé, sur avis de ses médecins, de ne pas interrompre sa campagne de terrain malgré un autre cas découvert dans l'équipage de son avion, mais qui était resté à "plus de 15 mètres" et portait, comme lui, un masque.

Joe Biden a souligné qu'il avait de nouveau été testé négatif jeudi. Le président, désormais rétabli du Covid-19, se disant même "immunisé", intensifie lui sa campagne depuis lundi, entouré tous les soirs de milliers de partisans à la casquette rouge dans les Etats-clés.

Dès la semaine dernière, le milliardaire républicain avait refusé de participer au deuxième débat, prévu au départ ce jeudi, quand les organisateurs avaient annoncé qu'ils le rendraient virtuel par mesure de précaution, au cas où il serait encore contagieux. Joe Biden avait refusé de repousser la date de leur second duel comme le proposait l'équipe Trump.

Un troisième débat est toujours prévu le 22 octobre à Nashville, dans le Tennessee.

Le candidat démocrate a déclaré jeudi qu'il aimerait que Donald Trump se fasse tester avant ce nouveau duel, "par décence". Mais il a ajouté qu'il suivrait les consignes des organisateurs indépendants.

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Vos réactions

Portrait de Bien Fait
16/octobre/2020 - 10h58

Les sondages nationaux n'ont aucune valeur. Seuls les swing states comptent et si c'est (encore?) serré, cela veut dire que Trump sera déclaré vainqueur le 4 puis une semaine plus tard, après intégration des votes par correspondance, Biden sera déclaré vainqueur.

Un tel scénario mettra les USA à feu et à sang. 

Portrait de carino
16/octobre/2020 - 09h09

Tout se jouera selon moi sur certains critères difficiles à évaluer pour nous qui vivons en Europe .... Chez nous on sait que les gouvernements en exercices où les deux tours ne sont pas d'application perdent très souvent 

Les familles de victimes vont elles culpabiliser Trump sur le décès de leurs proches du au covid 19 ( faudra voir si ils sont au courant de l'actu britannique par ex) 

Y aura t'il un ras le bol économique fort ? ( très compliqué de savoir car on parle de regain économique mais on ne sait pas si cela a été ralenti avec le covid 19 ) 

Est ce que la haine envers Donald s'est accrue en 4 ans ? Il a gardé un bon nombre de sympatisant surles reseaux sociaux   ( je dirais non ) 

Est ce qu'une partie de l'électorat va t'il se mobiliser pour soutenir Biden ? ( les abstentionnistes restent toujours un mystère difficile à évaluer, de plus est ce que la motivation d'aller voter avec des risques est plus grande que sa propre sécurité) ...

 Mon pronostic va à Biden vainqueur .... même si l'écart des sondages donnent celui ci gagnant de 1 seul % dans les swing states   ce qui pourrait être au final favorable à Trump ( on sait tous que les électeurs de droite ne déclarent pas toujours leurs votes lors des enquêtes) ....  Un électeur de droite ne pardonne pas facilement d'éventuelles erreurs grossières .... et un candidat qui veut l'affrontement au lieu de se justifier avec des arguments ne plait pas aux électeurs qui ne votent jamais à gauche)   biden ne mobilise pas tant que ça sur les réseaux sociaux .... ( 11 millions contre 87 a trump sur twitter ... 22.6 milions a seulement 5 pour Biden sur instagram )   C'est très conséquent .... Les likes sur des publications recentes montrent un ecart très fort entre Trump et Biden .... en faveur de l'homme à la perruque blanche   wait and see ..  de mon point de vue externe, en 2006 je voulais a tout prix que la femme de bill clinton perde .... ici je n'ai rien contre Biden .... et Trump sait qu'il peut gagner qu'en l'insultant afin que Joe l'attaque et montre sa méchanceté .... dire que Trump est le toutou de Putin est plutot rigolo qu'offensant ...