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Lagardère: Décision attendue le 14 octobre sur la tenue d'une AG exceptionnelle - Une demande formulée par les principaux actionnaires du groupe, Vivendi et Amber

Le tribunal de commerce de Paris rendra le 14 octobre sa décision concernant la désignation d'un mandataire chargé d'organiser une assemblée générale exceptionnelle chez Lagardère, une demande formulée par les principaux actionnaires du groupe, Vivendi et Amber. "Nous ne demandons pas une faveur, mais l'exercice d'un droit" reconnu aux actionnaires, a introduit Eric Laut, l'un des conseils de Vivendi, lors d'une audience. Le géant des médias et le fonds britannique Amber Capital détiennent ensemble un peu moins de 45% du capital de Lagardère et leur requête conjointe avait opportunément été considérée "légitime" mardi soir par le fonds souverain qatari (13% des parts) dans une prise de parole exceptionnelle.

Pour Amber et Vivendi qui présentent un bilan désastreux de la gérance du groupe d'édition et de distribution dans les gares et aéroports, aidés par les pertes dues notamment à la pandémie de Covid-19, Lagardère est "une société qui souffre et qui va continuer de beaucoup souffrir." Or, c'est dans ce contexte qu'est survenue le 17 août une réunion du conseil de surveillance qui a renouvelé de manière anticipée le mandat de gérant de l'associé commandité Arnaud Lagardère pour quatre années supplémentaires. "Rien ne justifiait une telle précipitation", a affirmé M. Laut jeudi. Selon l'avocate Diane Lamarche, conseil d'Amber, l'arrivée annoncée en mai du patron de LVMH Bernard Arnault au sein de la holding d'Arnauld Lagardère -dont la finalisation est "imminente" selon l'entourage des deux dirigeants- implique de plus "un potentiel changement de contrôle" pour le groupe Lagardère. Ainsi, "il est "urgent qu'on n'attende pas la prochaine assemblée générale (prévue en mai 2021) pour s'exprimer", a-t-elle plaidé.

Pour justifier de cette urgence, Diane Lamarche a avancé l'argument selon lequel "tant que le mandat (d'Arnaud Lagardère) n'est pas arrivé à échéance (en mars 2021), son renouvellement anticipé peut être remis en cause" par un autre conseil de surveillance. Un argument rejeté aussitôt par la défense de Lagardère comme n'ayant "aucune base légale". Celle-ci n'a eu de cesse de renvoyer les demandeurs dos à dos et à leur intérêt propre. Selon Didier Malka, Amber voudrait "rejouer le match" de la dernière AG qui a vu toutes ses résolutions rejetées, notamment par Vivendi. Le retournement d'alliance de ce dernier, contrôlé par Vincent Bolloré, n'aurait ainsi été causé que parce que l'homme d'affaires breton a été "contrarié" par l'arrivée de Bernard Arnault, à qui Arnaud Lagardère a offert l'acquisition de 27% de sa holding personnelle.

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