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L'intersyndicale du groupe de presse hippique Paris-Turf interpelle son nouveau propriétaire et dénonce un "désastre industriel" dû au "licenciement de salariés indispensables"

L'intersyndicale du groupe de presse hippique Paris-Turf a interpellé vendredi dans une lettre ouverte son nouveau propriétaire, dénonçant un "désastre industriel" dû au "licenciement de salariés indispensables et à un dilettantisme managérial".

Premier groupe de presse hippique en France, Paris-Turf, en cessation de paiement, a été repris début juillet par NJJ Presse, la holding personnelle de Xavier Niel, alors que les salariés et l'intersyndicale avaient apporté leur soutien à une offre concurrente. "La destruction du patrimoine que constitue le groupe Paris-Turf est en cours, nous redoutons qu'elle soit irréversible", déplore l'intersyndicale, craignant que "le lien entre le groupe et ses clients s'altère durablement, voire de manière définitive", dans cette lettre adressée à l'administrateur de NJJ Anthony Maarek et à Frédéric Lechevalier, un cadre du groupe.

"En raison du licenciement de salariés indispensables et d'un dilettantisme managérial, la base de données subit des avaries graves (...) La dégradation de cette base compromet la fabrication des titres aujourd'hui et réduit les chances d'exister de projets futurs, en particulier sur le plan digital, fer de lance prétendu du projet", dénonce le courrier. "Nous ne sommes plus en capacité de livrer à hauteur de nos engagements des clients phares comme le PMU. Le service audiotel est en chute libre. Une émission quotidienne sur le quinté qui totalisait 50.000 ou 60.000 vues est interrompue. C'est un désastre industriel", s'alarme l'intersyndicale.

Selon elle, "il n'y a plus assez de pronostiqueurs pour couvrir toutes les réunions pour tous les titres. Il n'y a plus non plus d'opératrices de saisie" ce qui fait que "les résultats relevés sur les hippodromes par les pigistes sont parfois enregistrés avec plusieurs heures de retard". "À ce jour, plus de trois semaines après l'attribution du groupe, aucun projet concret n'a été dévoilé aux salariés, aucune organisation n'a été dessinée, aucun organigramme présenté", regrette encore l'intersyndicale, qui réclame "un projet clair et des dirigeants compétents".

L'offre de NJJ prévoyait la reprise de 151 salariés sur 248, dont 30 pigistes ainsi qu'un investissement de 12 millions d'euros sur trois ans dans le groupe. Elle prévoit aussi l'arrêt des éditions papier des quotidiens Bilto et Tiercé Magazine, et des mensuels Stato, Cheval Magazine et Cheval Pratique, ainsi que l'arrêt de l'activité du site d'Aix-en-Provence et de l'impression à Vitrolles.

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