20/07 07:46

Sur Twitter, pendant la crise sanitaire, l'audience de certains groupes comme les anti-5G, les anti-vaccins ou les anti-nucléaire a été démultipliée

Sur Twitter, pendant la crise sanitaire, l'audience de certains groupes, comme les anti-5G, les anti-vaccins ou les anti-nucléaire, a été démultipliée par rapport à leur poids dans l'opinion publique, selon une étude de l'agence de communication Majorelle. L'agence a identifié sept thématiques exploitées par ces communautés, qu'elle qualifie de "militantes": les grands laboratoires pharmaceutiques, les vaccins, la 5G, le nucléaire, l'écologisme "radical", les nouvelles technologies et la chloroquine.

Ces "communautés" sont "conspirationnistes, défiantes ou simplement sceptiques": elles ont selon Majorelle en commun de "défier la science" et de "fragiliser la confiance dans les institutions et les discours officiels". Ces communautés d'usagers sont définies selon les comptes suivis et partagés et leurs prises de position.

A l'aide d'un outil d'analyse spécifique (Lucy), l'agence a comparé, en mai, sur un échantillon de 100.000 utilisateurs français de Twitter, les proportions d'usagers s'exprimant sur ces sujets et d'usagers y étant exposés, parvenant à de très fortes disparités, les groupes parvenant à "capter une audience 5 à 10 fois supérieure à leur poids d'origine".

Par exemple, les "anti-5G" ne représentent que 2,6% de l'opinion publique telle qu'elle s'exprime sur Twitter mais 13,6% des twittos sont exposés une fois par mois à leurs messages, à raison de plus de huit messages par jour en moyenne, selon l'étude. Seul 1,8% de l'échantillon a parlé de chloroquine au cours du mois de mai mais 26% des utilisateurs ont vu au moins une fois ces messages sur la période.

L'étude montre en outre une certaine porosité entre ces communautés : 22% des "anti-5G" ont parlé de chloroquine en mai 2020, part qui monte à 37% chez les anti-vaccins.

Au total, les membres des communautés "sceptiques" ont parlé de ce sujet environ 20 fois plus que la moyenne des utilisateurs. Autre facteur amplificateur : les élus et les journalistes y sont hyper-exposés. Plus de 69% d'entre eux lisent ainsi des messages "anti-5G" chaque mois, une proportion qui monte à plus de 75% pour les messages pro-chloroquine.

"S'intéresse-t-on de manière exagérée à des groupes de discussion marginaux jusqu'à s'illusionner sur leur poids réel ?", s'interroge l'étude.

C'est la première étude réalisée avec Lucy, destiné à analyser l'opinion publique sur Twitter, offre que l'agence compte commercialiser à la rentrée. "Les autres outils d'analyse se concentrent sur les messages, le nombre de partages ou d'abonnés. Nous, nous intéressons à ceux qui parlent et à leurs sources pour disposer d'une vision complète des communautés, incluant les moins bavards dans notre échantillon de masse", explique Sacha Mandel, co-fondateur de l'agence Majorelle. L'échantillon de 100.000 personnes est anonymisé, aléatoire et régulièrement renouvelé.

Ailleurs sur le web

Vos réactions