04/07/2020 15:31

Les syndicats ont réagi avec combativité aux premières annonces officielles concernant les plus de 7.500 suppressions de postes attendues au sein du groupe Air France

Les syndicats ont réagi avec combativité aux premières annonces officielles concernant les plus de 7.500 suppressions de postes attendues au sein du groupe Air France, décidé à tailler dans son réseau court-courrier. La direction avait prévu deux rendez-vous pour informer les représentants du personnel de l'évolution de l'emploi dans le groupe: un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire porte de Montreuil à Paris pour la compagnie Air France et un CSE extraordinaire à l'aéroport de Nantes pour Hop!. A Nantes, près d'une cinquantaine de personnes ont cadenassé au petit matin un portail pour bloquer l'accès au siège de la compagnie régionale, et le CSE de Hop! a duré moins de deux heures.

Les représentants du personnel avaient décidé de boycotter cette réunion pour "faire barrage" à la "disparition programmée" de la compagnie. Seul Joël Rondel, secrétaire (CGT) du CSE, s'y est rendu afin d'obtenir la nomination d'un expert. La direction a annoncé une réduction de 40% des effectifs actuels, soit 1.022 suppressions d'emplois (en équivalents temps plein) sur 2.400, qui concernent toutes les catégories de personnel, mais aussi la fermeture de 12 des 14 bases de personnel navigant (toutes sauf Paris-Charles-de-Gaulle et Lyon) et des sites de maintenance de Lille et Morlaix.

Dans un message adressé aux salariés obtenu par l'AFP, le patron de la compagnie souligne "le caractère exceptionnel de la crise". "Face à la dégradation importante et durable de nos marchés sur l'ensemble des réseaux, et surtout sur le court-courrier qui accumule déjà des pertes depuis plusieurs années, face à la concurrence des low-cost, aux changements de comportement de nos clients, le groupe Air France, dont Hop!, doit se transformer et se reconstruire rapidement", plaide Pierre-Olivier Bandet. Il cite également "certaines conditions" aux aides de l'Etat et "l'arrêt de certaines lignes quand le TGV est à moins de 2H30". "Aujourd'hui on dénonce les 1.022 suppressions d'emploi, on dénonce l'arrêt de certaines lignes, on dénonce le transfert d'activité de notre périmètre vers Transavia", compagnie low-cost du groupe, a indiqué M. Rondel.

Un rassemblement de 150 à 200 personnes a également eu lieu sur le site de Morlaix, qui en emploie environ 300 et doit fermer d'ici 2023, a constaté une journaliste de l'AFP. "Le sentiment, là, c'est de la colère", explique Valérie Scattolin, 54 ans, élue (Unsa) au CSE et depuis 23 ans dans l'entreprise, jugeant la fermeture "incompréhensible".

Chez Air France, la direction veut supprimer 6.560 postes en CDI équivalents temps plein (ETP) sur environ 41.000, soit 16% des effectifs de la compagnie tricolore, a appris dès mardi l'AFP auprès de sources syndicales. Un peu plus de la moitié doit être supprimée être via des départs naturels non remplacés, selon un document consulté en amont du CSEC que la direction n'a pas souhaité commenter.

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Vos réactions

Portrait de MICMAH458
4/juillet/2020 - 17h39

Je vais leur donner une idée aux syndicats, à laquelle ils n'ont peut-être pas pensé : faire grève