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Vingt-deux associations publient un rapport et formulent des propositions pour mieux réguler la publicité en France

Limiter la "surconsommation" induite par la publicité, mettre fin au "blanchiment d'image" des multinationales et limiter leur influence sur les médias: 22 associations ont publié un rapport visant à encadrer l'industrie de la communication et espèrent voir ses propositions reprises dès cette année dans le débat politique.

Le rapport s'inscrit dans le cadre du programme Système publicitaire et influence des multinationales (Spim), initié par l'association Résistance à l'Agression Publicitaire et piloté conjointement avec les associations Les Amis de la Terre France et Communication Sans Frontières. Il accuse la publicité commerciale de promouvoir des produits nuisibles pour l'environnement, de pousser à la surconsommation et cible la communication d'entreprise "qui cherche à exercer une influence politique" pour empêcher l'émergence de normes contraignantes.

D'autant que, selon les auteurs du rapport, "600 entreprises détiennent à elles seules 80% de l'espace publicitaire en France". Sur l'environnement ou les conditions de travail, "on ne peut pas laisser dire aux multinationales ce qu'elles veulent car ça participe à alimenter leur impunité", a déclaré Juliette Renaud, de l'association Les amis de la terre, lors d'une conférence de presse en visioconférence.

Les pouvoirs politiques doivent "apporter un cadre à ces activités", a renchéri Renaud Fossard, responsable du programme Spim, par exemple en interdisant la publicité pour certains produits, en créant une autorité indépendante régulatrice des contenus, ou en taxant les activités de communications pour financer un fonds pour l'indépendance des médias, aujourd'hui largement dépendants des investissements publicitaires. "On est dans les starting-blocks à l'assemblée nationale pour traduire un certain nombre de propositions en mesures législatives", a déclaré la députée Delphine Batho, ancienne ministre de l'écologie et membre du nouveau groupe "Ecologie Démocratie Solidarité" (EDS). La première serait d'"interdire les écrans publicitaires numériques partout", très énergivores et qui multiplient l'exposition des enfants aux écrans.

"Nous consentons à dépenser 30 milliards d'euros pour la publicité chaque année en France. Ce n'est pas inéluctable. Il faut nous affranchir de cette servitude" et financer à la place la transition écologique, a appuyé le député PS Dominique Potier, qui plaide pour une loi dédiée, "transpartisane", dès cette année. La publication du rapport précède de quelques jours le rendu du rapport de la Convention pour le climat réalisé sur mandat du gouvernement par 150 citoyens tirés aux sort.

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