02/04/2020 07:46

Coronavirus - L'enseigne de chaussures André est la première entreprise française victime de l'épidémie: Elle a été placée en redressement judiciaire

L'enseigne de chaussures André, plus que centenaire, est la première entreprise française victime du coronavirus: elle a été placée en redressement judiciaire après avoir dû fermer tous ses magasins et perdu près de 4 millions d'euros en quinze jours. Achetée il y a dix-huit mois par le site de vente en ligne Spartoo, l'enseigne, qui a dégagé en 2019 un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros mais essuyé 10 millions de pertes, compte quelque 600 salariés dont l'emploi est désormais menacé.

André a déposé son bilan le 23 mars et la décision de placement en redressement judiciaire a été validée mardi par le tribunal de commerce de Grenoble, où se trouve le siège de Spartoo, a affirmé mercredi le PDG du groupe Boris Saragaglia. "Nous perdons 250.000 euros par jour de chiffre d'affaires" depuis la décision gouvernementale de fermer les commerces "non essentiels", a expliqué M. Saragaglia.

Depuis le rachat de l'enseigne par Spartoo, "on a subi les +gilets jaunes+", avec un trafic en baisse de 20 à 25%, "puis, en pleine période de soldes en janvier, les grèves liées à la réforme des retraites", et maintenant la pandémie de Covid-19, a souligné le PDG. L'entreprise a "anticipé" les problèmes liés au coronavirus dès la fin février en s'engageant dans une procédure de conciliation "pour essayer de trouver un peu d'air", a-t-il ajouté, "malheureusement la fermeture nette et franche [des points de vente] a précipité" la chute d'André, créé en 1896.

En janvier 2018, quand la vente d'André avait été annoncée, Spartoo, fondé en 2006, s'était engagé à reprendre tous les magasins, sauf un à Paris, ainsi que l'ensemble du personnel, et à maintenir l'enseigne dont les boutiques devaient servir de point de +click and collect+ pour les clients du site de vente en ligne. Son objectif était d'exploiter "pleinement le potentiel d'André pour créer le seul groupe de distribution de taille significative avec un chiffre d'affaires réparti à égalité entre son réseau de magasins physiques et son activité internet". Ce que Spartoo a fait, a expliqué mercredi Boris Saragaglia, vantant le "modèle industriel unique en Europe" de son entreprise, dont le grand rival est le groupe allemand Sarenza. Las, la distribution a dû faire face à de multiples crises depuis plusieurs mois: outre les différents mouvements sociaux, le secteur a subi une baisse drastique de la consommation de vêtements et de chaussures neufs, une tendance nette des consommateurs à se tourner vers le marché de l'occasion ainsi que la mode des baskets ou "sneakers".

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Vos réactions

Portrait de catimini
2/avril/2020 - 19h19
raphal42 a écrit :

Oui, je pense que vous avez raison... Il me semble que cela fait des années que la marque est en difficulté (ce n'est pas pour rien que l'enseigne a été revendue). Du coup, dire que c'est de la faute du coronavirus me paraît quelque peu exagéré.

Il n'y a pas que le confinement qui est à l'origine des difficultés rencontrées par Andre les manifs à répétition des gilets jaunes les manifs à répétitions contre les retraites de la cgt et hier soir que vois-je aux infos un délégué de la cgt qui demande l'intervention des pouvoirs publiques pour sauver l'entreprise parce que toutes les demandes faites auprès des banques ont été refusées

Alors je veux bien tout mais lorsqu'on a affaire a des fossoyeurs on assume les conséquences de ses actes

Portrait de raphal42
2/avril/2020 - 08h44
Pimboy a écrit :

Je pense que le virus va avoir bon dos pour permettre à certains dirigeants d’accélérer des casses dont ils rêvaient depuis des lustres. On parie qu’ils vont en profiter pour vouloir fermer toutes leurs boutiques et ne garder que les ventes en ligne ?

Oui, je pense que vous avez raison... Il me semble que cela fait des années que la marque est en difficulté (ce n'est pas pour rien que l'enseigne a été revendue). Du coup, dire que c'est de la faute du coronavirus me paraît quelque peu exagéré.

Portrait de Pimboy
2/avril/2020 - 08h19 - depuis l'application mobile

Je pense que le virus va avoir bon dos pour permettre à certains dirigeants d’accélérer des casses dont ils rêvaient depuis des lustres. On parie qu’ils vont en profiter pour vouloir fermer toutes leurs boutiques et ne garder que les ventes en ligne ?