23/09 10:16

Le banquier Matthieu Pigasse va avoir "une discussion apaisée" avec l'homme d'affaires Xavier Niel au sujet de leur différend dans la crise du journal Le Monde

Le banquier Matthieu Pigasse va avoir "une discussion apaisée" dans "les tout prochains jours" avec l'homme d'affaires Xavier Niel au sujet de leur différend dans la crise du journal Le Monde, dont ils sont coactionnaires, a-t-il déclaré dans un entretien au Journal du dimanche.

"Il y a sûrement eu des malentendus, des incompréhensions, parfois des différends entre nous, peut-être parce que nous ne nous sommes pas suffisamment parlé", a estimé M. Pigasse. "Mais le temps est venu de se retrouver: nous allons nous voir dans les tout prochains jours pour avoir une discussion apaisée et sereine sur l'avenir du groupe", a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines, les salariés du groupe Le Monde (le quotidien, Télérama, Courrier International) ont exprimé de grosses craintes pour son indépendance. M. Pigasse a cédé il y a un an 49% de ses parts dans le groupe au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et les salariés craignent que ce dernier finisse par en prendre le contrôle.

Jeudi, pour tenter de calmer le jeu, M. Pigasse a finalement accepté d'octroyer le "droit d'agrément" réclamé de longue date par le Pôle d'indépendance du journal (structure qui représente les salariés, journalistes et lecteurs).

En outre, il a proposé à Xavier Niel (avec qui il avait recapitalisé le Monde en 2010 aux côtés de Pierre Bergé, depuis décédé) de racheter ensemble les parts du groupe espagnol Prisa dans le journal, afin de maintenir l'équilibre entre leurs participations respectives dans Le Monde. Prisa contrôle 20% du Monde.

Mais dans la foulée, M. Niel a répliqué en faisant des propositions beaucoup plus radicales pour garantir l'indépendance à long terme du journal. D'abord, il se dit partant pour le rachat des parts de Prisa mais à condition que M. Pigasse et lui-même reversent les titres du groupe espagnol au Pôle d'indépendance. Surtout, il avance l'idée de créer une fondation pour "sanctuariser" l'indépendance du quotidien à qui serait apportée l'intégralité du capital du Monde.

"Je n'ai pas sa fortune: je ne peux pas donner mes titres même si je le souhaitais", a réagi M. Pigasse dans le JDD. "Il faut échanger avec Xavier Niel. Acheter ensemble les parts de Prisa à 50-50 paraît une bonne réponse, une solution d'apaisement", a-t-il jugé. Mais si Xavier Niel "met comme condition de pouvoir les donner, je ne peux pas", a-t-il insisté.

Ailleurs sur le web

Vos réactions