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La vente de Grazia, Closer et des autres magazines de Mondadori France retardée à la suite d'une décision de justice qui impose de consulter les salariés

La vente de Grazia, Closer et des autres magazines de Mondadori France au groupe Reworld va être retardée à la suite d'une décision de justice qui impose de consulter les salariés, a indiqué l'intersyndicale de Mondadori. Saisi par le comité social et économique (CSE) de Mondadori, le tribunal de commerce de Nanterre a enjoint jeudi la direction de Mondadori France d'ouvrir sous 8 jours une "information-consultation" sur les orientations stratégiques 2019 avec les représentants du personnel, qu'elle avait négligée alors que la cession était déjà en cours de négociation.

Mondadori France a également été condamnée à verser 10.000 euros de dommages intérêts au CSE. Le groupe a "commis un détournement de pouvoir, empêchant le CSE d'exercer ses droits à recueillir des explications utiles et à faire des propositions alternatives", souligne le tribunal dans sa décision consultée par l'AFP. Le groupe italien Mondadori avait annoncé en avril avoir signé le contrat définitif pour la cession de sa filiale de magazines dans l'Hexagone au groupe français Reworld Media, pour 70 millions d'euros. Mondadori France, n°3 de la presse magazine en France, compte plusieurs dizaines de magazines thématiques et de sites internet associés, comme Auto Plus, Pleine Vie, Top Santé, Biba, Télé Star, Le Chasseur Français, Science et Vie.

Contacté, le groupe Reworld n'a pas souhaité commenter cette décision. La cession n'est pas remise en cause mais pourrait être retardée de quatre mois, le temps que deux "informations-consultations" aient lieu, avant un nouveau passage devant l'autorité de la concurrence. L'intersyndicale s'est félicitée dans un communiqué de cette possibilité pour les représentants de "peser les conséquences pour l'activité, les titres et l'emploi du changement de stratégie de Mondadori". "C'est bien sûr par là qu'aurait dû commencer la direction avant de s'obstiner dans une attitude de défiance, de dissimulation qui lui vaut d'être aujourd'hui condamnée", poursuit l'intersyndicale. "Au delà, c'est un message fort envoyé aux patrons, notamment du secteur de la presse, qui bafouent les prérogatives des représentants du personnel et ne respectent pas leurs salariés".

Cette vente suscite depuis plusieurs mois l'inquiétude des salariés, qui estiment que le projet met en danger les 700 emplois de Mondadori France (plus des centaines de pigistes), et reprochent à Reworld (qui possède déjà des magazines comme Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux) d'avoir construit son modèle sur la "confusion entre espaces publicitaires et contenus éditoriaux".

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