19/06/2019 06:56

Mondial 2022 au Qatar: L'ex-patron de l'UEFA Michel Platini est ressorti libre sans qu'aucune charge n'ait été retenue à son rencontre après plusieurs heures de garde à vue

L'ex-patron de l'UEFA Michel Platini et l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, ont été interrogés longuement mardi par des enquêteurs sur des soupçons de corruption sur les conditions d'attribution du Mondial-2022 et sur l'organisation de l'Euro 2016 en France.

L'ancienne star de l'équipe de France, qui fut aussi vice-président de la Fifa jusqu'en 2015, est ressorti libre sans qu'aucune charge n'ait été retenue à son rencontre, d'après son avocat, après plusieurs heures de garde à vue dans les locaux de l'office anticorruption de la police judiciaire (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris.

L'ancienne conseillère sport de Nicolas Sarkozy, Sophie Dion, a été aussi placée en garde à vue, tandis que l'ex-secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a pour sa part été interrogé comme suspect libre. Tous trois sont ressortis tard dans la nuit. "Ca a été long mais vu le nombre de questions, ça ne pouvait être que long, puisqu'on m'a posé des questions sur l'Euro 2016, la Coupe du monde en Russie, la Coupe du monde au Qatar, la Fifa", a déclaré M. Platini à des journalistes à sa sortie de garde à vue, les traits tirés, peu avant 1H00 du matin mercredi. Il a précisé avoir répondu de façon "tranquille" à tous ces sujets. Son avocat, William Bourdon, a pour sa part dénoncé "beaucoup, beaucoup de bruit pour rien".

"Les enquêteurs ont voulu pour des raisons techniques, exclusivement techniques, que les personnes puissent être entendues pour qu'elles ne se concertent pas entre elles", a-t-il affirmé, rappelant que son client avait déjà été entendu en audition libre comme témoin "il y a 18 mois".

"Nous sommes tous les deux sereins et confiants dans l'avenir", a-t-il conclu.

L'avocat de M. Guéant a lui aussi indiqué que les enquêteurs avaient posé un certain nombre de questions à son client "pour savoir ce qu'il avait vu, ce qu'il avait su de l'organisation, non seulement de l'attribution de la Coupe du monde à la Russie en 2018 et au Qatar en 2022 mais aussi de l'organisation de l'Euro 2016 en France".

Selon Me Philippe Bouchez el Ghozi, M. Guéant a répondu qu'il n'y avait pas "à sa connaissance des éléments qu'on puisse qualifier susceptibles de corruption". Le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête préliminaire en 2016 pour "corruption privée", "association de malfaiteurs", "trafic d'influence et recel de trafic d'influence" pour examiner les conditions d'attribution des Coupes du monde de football 2018 et 2022.

Le même jour, le 2 décembre 2010, le Mondial-2018 avait été attribué à la Russie (face notamment à l'Angleterre éliminée dès le 1er tour) et, à la surprise générale, le Mondial-2022 au Qatar, vainqueur au dernier tour face aux Etats-Unis. La désignation de ce richissime émirat gazier, où les températures brûlantes en été rendent la pratique du football difficile voire impossible, avait immédiatement déclenché des soupçons de corruption, et été l'un des déclencheurs de la grave crise qui a secoué la Fifa à partir de 2015.

En octobre 2015, l'ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, avait ajouté à la polémique en mettant en cause la France. Selon sa version, "un arrangement diplomatique" existait pour que les Coupes du monde 2018 et 2022 aient lieu en Russie puis aux Etats-Unis. Le plan aurait échoué à cause de "l'interférence gouvernementale de M. Sarkozy" qui aurait entraîné, toujours selon le Suisse, une volte-face de Michel Platini, président de l'UEFA.

La justice française s'intéresse en particulier à "une réunion secrète" au Palais de l'Elysée le 23 novembre 2010, à laquelle participaient le président Nicolas Sarkozy, Tamim ben Hamad al-Thani (alors prince héritier du Qatar devenu Emir en 2013), et Michel Platini, révélée par France Football.

Son but supposé: s'assurer que Platini voterait pour l'émirat. Un "tissu de mensonges", s'était indigné l'ancien numéro 10 des Bleus. Mardi, M. Blatter s'est dit "totalement surpris" du placement en garde à vue de Michel Platini, estimant dans un entretien à l'AFP que cela n'allait "pas l'aider" à quelques mois de la fin de sa suspension.

.

Mardi 18 juin

.

14h56: Placé ce matin en garde à vue, Michel Platini se dit "totalement étranger à des faits qui le dépassent". Les conseils de l'ancien président de l'UEFA ont précisé que leur client "n'a strictement rien à se reprocher".

Il "ne s'agit en aucun cas d'une arrestation, mais d'une audition comme témoin dans le cadre voulu par les enquêteurs, cadre qui permet d'éviter que toutes les personnes entendues, puis confrontées, ne puissent se concerter en dehors de la procédure", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Michel Platini "s'exprime sereinement et précisément, répond à toutes les questions, y compris celles sur les conditions d'attribution de l'Euro 2016, et a fourni des explications utiles, poursuivent ses conseillers. Il est absolument confiant sur la suite".

10h01: Selon Médiapart, Michel Platini, l'ancien président de l'UEFA, a été placé aujourd'hui en garde à vue, dans le cadre de l’enquête pour corruption sur l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2022. L'ancien capitaine de l'équipe de France de football est interrogé dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à Nanterre (Hauts-de-Seine), précise le site d'informations.
L'ex-secrétaire général de l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, est pour sa part entendu en tant que "suspect libre" dans le cadre de cette enquête préliminaire conduite depuis 2016 par le Parquet national financier (PNF), précise Mediapart.

Il y a quelques jours, le média britannique "Sunday Times" évoquait un contrat secret qui aurait été passé entre la Fifa et la chaîne qatarienne Al-Jazeera, trois semaines avant l'attribution du Mondial-2022. Ce contrat, conclu à l'approche de la fin de la campagne des candidatures selon des documents diffusés par le journal britannique, prévoyait notamment le versement de 100 millions de dollars (environ 75 millions d'euros au cours de l'époque) sur un compte de la Fifa en cas de désignation du Qatar comme hôte du Mondial-2022.

Ailleurs sur le web

Vos réactions