23/11/2018 14:01

Taxation des géants du numérique: "Nous risquons d'être un tout petit peu courts" prévient le commissaire européen Pierre Moscovici

Le commissaire européen Pierre Moscovici a jeudi qu'il pourrait ne pas y avoir d'accord début décembre entre les pays membres de l'Union européenne sur la taxation des géants du numérique, estimant que "nous risquons d'être un tout petit peu courts".

"Sur la taxation sur le digital, je pense que nous ne sommes pas loin d'un accord, (mais) que nous risquons d'être un tout petit peu courts", a reconnu le commissaire lors d'une audition devant la Commission des Affaires européennes à l'Assemblée nationale.

"Je suis lucide et j'observe que l'atteinte d'un consensus n'est pas simple" d'ici la réunion des ministres des Finances de l'UE le 4 décembre prochain, date cruciale pour l'approbation de cette taxe sur le chiffre d'affaires des géants du numérique, a-t-il admis.

Face aux députés, M. Moscovici a évoqué deux scénarios qui pourraient conduire à l'échec de la directive proposée par la Commission européenne et soutenue avec force par le gouvernement français, mais qui se heurte aux réserves des autorités allemandes qui n'ont toujours pas dit publiquement si elles soutenaient ou pas cette taxe.

L'absence d'un accord franco-allemand constitue d'ailleurs le premier scénario présenté par le commissaire européen. "Ce serait tout à fait regrettable parce que cette taxe est de l'intérêt général", a-t-il expliqué.

"Je souhaite vraiment que les discussions intensives entre Bruno Le Maire (et son homologue allemand) Olaf Scholz, et entre la chancelière (Angela Merkel) et le président Macron aboutissent à un accord", a-t-il affirmé.

Il a toutefois reconnu que même si Paris et Berlin se mettent d'accord, cela pourrait s'avérer insuffisant, son deuxième scénario étant le rejet déjà annoncé par trois pays (Irlande, Danemark et Suède). Or, cette taxe doit être approuvée à l'unanimité par les 28 membres de l'UE.

"On risque d'être trop court (...) parce c'est un peu compliqué pour eux d'approuver cela.", a-t-il expliqué.

"Mais je souhaite aller le plus loin possible le 4 décembre et qu'on ne termine pas cette année sans des avancées décisives en matière de taxation du numérique", a-t-il ajouté.

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Vos réactions

Portrait de ledur91
23/novembre/2018 - 15h43

C'est bizarre, c'est nous, pauvres contribuables qui sommes un peu court en fin de mois. Mais bon même à l'unanimité contre, on nous colle quand même les taxes.