07/06/2018 16:23

L'Assemblée nationale vote l'interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges dès la rentrée prochaine

Par Charlotte HILL

Fini les portables à l'école et au collège à la rentrée prochaine en France: les députés ont voté jeudi une proposition de loi reprenant une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, mais dénoncée comme "cosmétique" par les oppositions. Le texte, adopté à main levée en première lecture à l'Assemblée nationale, chambre basse, doit dorénavant passer devant le Sénat, chambre haute.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a défendu "une loi du XXIe siècle, une loi d'entrée dans la révolution numérique", qui envoie "un signal à la société française sur cet enjeu de société". "Etre ouvert aux technologies du futur ne signifie pas que nous devons les accepter dans tous les usages", a-t-il plaidé, listant les "mauvais usages" tels que cyber-harcèlement, consultation de sites pornographiques, addiction aux écrans... S'il a reconnu que l'interdiction est déjà "dans les faits possible", le ministre a fait valoir que son effectivité "n'est pas assurée".
Le code de l'éducation interdit, depuis la loi du 12 juillet 2010, les portables "durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur". Mais le ministre a défendu le besoin "d'une base juridique beaucoup plus solide", alors que près de neuf jeunes sur dix de 12 à 17 ans (86%) possèdent un smartphone en France. Le texte sur "l'encadrement de l'utilisation" du portable entend interdire l'usage de tout objet connecté, dans les écoles et collèges, avec des exceptions "pour des usages pédagogiques" ou les enfants handicapés.

Les activités à l'extérieur, comme le sport seront aussi concernées pour les quelque 8,5 millions d'élèves de l'enseignement public en France. "Nous passons d'un principe d'autorisation, sauf là où c'est interdit, à un principe d'interdiction", a résumé le président de la commission des Affaires culturelles et de l'Education Bruno Studer, député du parti présidentiel LREM et ancien professeur d'histoire-géo. Les chefs d'établissement, pour qui la mesure est utile à défaut d'être un "big bang", auront à décider des modalités d'interdiction (lieux, conditions), le ministère prévoyant de leur fournir un vade-mecum.
Pratiquement tous les groupes d'opposition sont montés au créneau contre un texte revenant, à leurs yeux, à "enfoncer des portes ouvertes". Voulant traduire "coûte que coûte" les promesses de campagne du président, la majorité s'est engagée "ostensiblement dans une pure opération de communication", a ainsi dénoncé l'ex-prof de maths Frédéric Reiss (LR, droite). Son collègue Patrick Hetzel, ancien professeur d'université, a dénoncé "un simulacre".
Michèle Victory (Parti socialiste, gauche) a épinglé un "changement purement cosmétique" sans aucun outil fourni aux chefs d'établissements. Elle a déploré l'examen de ce texte "inutile" alors que "l'agenda parlementaire est suffisamment chargé". "Effet d'annonce et de communication" ou "gadget", ont aussi dénoncé les Insoumis (gauche radicale) Alexis Corbière et Sabine Rubin. Les communistes ont jugé le texte "absurde", l'ex-ministre Marie-George Buffet soulignant que "l'outil existe" et que le problème est dans son application.

"Certains essayent de nous dire que cette loi est inutile", a répliqué le ministre, pointant une "énorme" différence entre l'existant et ce qui est proposé. "Allez sur une plage où il est interdit de se baigner sauf quand c'est autorisé, ou une plage où il est autorisé de se baigner sauf quand c'est interdit. Vous verrez que vous ne vous baignerez pas avec la même fréquence", a-t-il affirmé.

Le texte prévoit aussi de renforcer la formation des élèves à un "usage responsable" du numérique, en insérant une référence "au respect de la liberté d'opinion et de la dignité de la personne humaine". Cette formation devra aussi "contribuer au développement de l'esprit critique". Le ministre a répondu par avance aux élus LREM qui s'interrogent sur l'idée d'étendre l'interdiction du portable aux personnels et enseignants, jugeant que ce ne serait "pas opportun", notamment pour éviter des "effets pervers" en terme de sécurité.

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Vos réactions

Portrait de nina83
8/juin/2018 - 08h38

il n'aurait jamais dû être toléré avant.... on fait tout à l'envers ! comme la cigarette ! je plains les profs qui vont devoir faire appliquer cette interdiction.....

Portrait de Entoutelogique
7/juin/2018 - 23h06

Il suffirait de demander à nos élus( ceux qui se vautrent dans l'hémicycle le smartphone en main) de donner l'exemple.

Un tel interdit n'est possible que s'il y a des contrôles , avec le manque de personnel c'est ingérable ,le professeur  qui a un cours à donner n'a pas à remplir cette fonction de surveillance  appuyée.

Dès le début des portables cela aurait pu fonctionner sur les comportements ,un peu comme le tabac interdit dans les lieux publics ,  mais nos jeunes à présent  sont fusionnels avec leur "doudou" dès leur plus jeune âge ,ils ne comprendraient pas .

On a beau parler de placer un interdit il ne sera respecté que dans des établissements réduits en élèves donc facile à encadrer , mais la réalité est toute autre .

 

Portrait de B612
7/juin/2018 - 20h14
mosquitox a écrit :

 

Pareil moi dans les années 80 !!!!

J'avais le droit d'avoir mon super Sound System 250 watts, 40 Kg sur l'épaule droite!!!! 115 décibels le truc !!! à l'extérieur du Lycée, mais le dirlo voulait pas que je m'en serve au Lycée !!!!!

J'étais couillon à l'époque, j'aurais du,comme vous dites aujourd'hui, jouer le coup de mon atteinte a la liberté !!! smiley

 

Ahhh !!! On peut en lire des conneries ici !!! smiley

Un smartphone c'est pas non plus un Sound System des années 80. smiley Je crois que je me suis mal exprimé, ou vous n'avez pas compris. Peut-être que à force d'écouter votre Sound System 250 watts, ça a du laisser des séquelles et interférer sur votre comprenette. smiley smiley

Ce que je voulais dire c'est que l'établissement n'a pas le droit de fixer des interdits en dehors de son cadre. Je ne trouve pas ça logique. A la limite faire déposer le téléphone après l'entrée dans l'établissement  ou le confisquer si utilisation pendant les cours. Et encore, même dans ce cas, cela s'apparente à une violation du droit de propriété si la sanction est trop longue. Et c'est pas moi qui le dit, mais une avocate spécialisée en droit de l'éducation (source : article LCI "vidéo - Interdire le portable à l'école : pourquoi ça va être compliqué de faire raccrocher les élèves").

Donc cette avocate confirme bien que interdire à un élève de venir avec son portable (et donc de ne pas l'avoir avant l'entrée dans l'établissement) est contraire aux libertés de l'élève (tant que ce n'est pas un objet dangereux bien sur).

Portrait de legaulois2009
7/juin/2018 - 19h41

dorénavant seul les professeurs auront le droit de s'en servir pendant les cours

Portrait de B612
7/juin/2018 - 18h46

C'est vrai que le portable en classe est un vrai problème. Il y en a même qui font du live streaming pendant les cours... smiley Mais si la solution est de mettre des casiers, encore faudrait-il que les établissements aient le budget pour, ce qui n'est apparemment pas le cas selon des syndicats enseignants.

Par contre de là à interdire aux élèves de venir avec leur portable comme la modalité d'application la plus dure le prévoirait, là ça va un peu loin, et pourrait même être considéré comme une atteinte à leur liberté. Parce qu'ils ont le droit d'avoir un portable à l'extérieur de l'établissement, et parce que il faut pas abuser, un smartphone c'est pas non plus une arme. smiley

Portrait de Micka93
7/juin/2018 - 18h17

Tres bonne idée, il faudrait aussi l'appliquer dans l'assemblée

Portrait de ajc21
7/juin/2018 - 18h07
Queben a écrit :

Et bien quand les gosses se ferons enlever à la sortie de l'école, ils l'aurons dans le cul à l'assemblée. Pourquoi passer d'un extrême à l'autre.

Moi, mon gosse, il aura son portable et pis c'est tout et  je vous emmerde bande de bureaucrates dictateurs et rétrogrades qui vont à l'encontre de la sécurité de nos enfants !

Et dire qu'on paye des gens à "penser" et nous à subir.

A quand le retour dans les grottes à racler les silex ?!!!

Et si vous craignez tellement qu'on enlève votre gosse, implanté lui un traceur GPS, car à moins d’être complètement débiles, la première chose que feront les kidnappeurs s'est de jeter le téléphone portable

 

Portrait de ajc21
7/juin/2018 - 17h56
Queben a écrit :

Et bien quand les gosses se ferons enlever à la sortie de l'école, ils l'aurons dans le cul à l'assemblée. Pourquoi passer d'un extrême à l'autre.

Moi, mon gosse, il aura son portable et pis c'est tout et  je vous emmerde bande de bureaucrates dictateurs et rétrogrades qui vont à l'encontre de la sécurité de nos enfants !

Et dire qu'on paye des gens à "penser" et nous à subir.

A quand le retour dans les grottes à racler les silex ?!!!

Mais bien sûr le téléphone portable évitera un enlèvement, ou accident. 

 

Portrait de ajc21
7/juin/2018 - 17h54
legaulois2009 a écrit :

et comment vont faire les élevés pour demander a leurs parents de venir les chercher quand les profs sont absent et quand il on des problèmes on es vraiment gouverner par des incompétents il aurait mieux fait de faire comme d'habitude dormir

Pour commencer en primaire, pas besoin de téléphone. Pour le collège des générations ont vécu sans et cela ne posait pas de problèmes, on se débrouillait.  Mais comme apparemment les jeunes ne peuvent pas vivre sans, le téléphone peut  être laissé dans un casier à l'entré de l'établissement

 

Portrait de Gerard74
7/juin/2018 - 17h36

Enfin!

 

Portrait de Libellule65
legaulois2009 a écrit :

et comment vont faire les élevés pour demander a leurs parents de venir les chercher quand les profs sont absent et quand il on des problèmes on es vraiment gouverner par des incompétents il aurait mieux fait de faire comme d'habitude dormir

@legaulois2009 et bien, ils feront comme les gens de ma génération, ils se débrouilleront, prendront le bus, utiliseront leurs jambes..... On est tombé sur la tête ! Nous avons très très bien survécu sans portables. Ces gamins seront peut-être plus attentifs en classe, recommenceront peut-être à avoir de vraies conversations entre eux pendant les pauses.... Avant, quand nous prenions le bus, pour aller à l’école ou rentrer à la maison, nous parlions avec nos camarades, refaisions le monde, bref.... nous communiquions ! Aujourd’hui, chacun est seul dans son monde, les écouteurs aux oreilles, le nez sur l’écran du smartphone ! Pauvre génération, pauvre monde ! J’applaudis bien fort cette loi !

Portrait de legaulois2009
7/juin/2018 - 17h10

et comment vont faire les élevés pour demander a leurs parents de venir les chercher quand les profs sont absent et quand il on des problèmes on es vraiment gouverner par des incompétents il aurait mieux fait de faire comme d'habitude dormir