05/12/2017 18:17

Le Président Emmanuel Macron a-t-il vraiment qualifié l'audiovisuel public Français de "honte de la République" ?

Emmanuel Macron a fait devant des députés de la majorité un constat "sévère" sur la gouvernance de l'audiovisuel public, ont rapporté mardi des élus LREM, tout en démentant, comme l'Elysée, des propos au vitriol rapportés par l'hebdomadaire l'Express. L'Elysée a démenti "formellement la phrase rapportée par l'Express", selon laquelle le chef de l'Etat a dit que l'audiovisuel public serait "la honte de la République", lors d'une réunion lundi soir avec des députés de la majorité de la commission des Affaires culturelles.

L'entourage du chef de l'Etat s'est par ailleurs refusé "à tout commentaire s'agissant d'un échange qui n'avait pas vocation à être public". Cette phrase, démentie auprès de l'AFP par plusieurs élus LREM, dont le président de la commission Bruno Studer, a déclenché une polémique. Les députées communistes Elsa Faucillon et Marie-George Buffet ont notamment dénoncé dans un communiqué des "propos indignes" émanant selon elles d'un président devenu "désormais ennemi de l'audiovisuel public".

La CGT de France Télévisions, premier syndicat du groupe, y a aussi vu "une honte" et "une insulte pour les personnels, les téléspectateurs et les programmes de l'audiovisuel public".

Des journalistes de Radio France s'en sont également émus sur Twitter. Des élus LREM ont toutefois reconnu, à l'instar du chef de file LREM de la commission, Gabriel Attal, que le président avait fait "un constat sévère" sur "la gouvernance" de l'audiovisuel public. Ce constat ne concernait "pas le personnel" mais portait sur "l'adaptation à la transition numérique, le renforcement des synergies, la production de contenus sur internet, la lutte contre la désinformation, le renforcement de l'accès à l'éducation et à la culture", selon lui.

"Quelqu'un cherche à créer des polémiques, je ne sais pas qui ou pourquoi", a déclaré Aurore Bergé, une porte-parole du groupe LREM, démentant aussi "catégoriquement" auprès de l'AFP les propos attribués au président. Lors d'un discours de plus d'une heure consacré aux différents sujets de la commission, dont l'Education et la Culture, le chef de l'Etat "a demandé aux parlementaires de s'emparer de la réforme de l'audiovisuel public", selon elle. Il a notamment estimé que l'audiovisuel devait "investir davantage à destination de ceux qui sont éloignés de la culture", plaidant pour une réforme des contenus. Il a fait un "bilan sur les chaînes publiques avec une volonté évidente de changer les choses", selon la députée LREM de l'Eure Claire O'Petit.

"Un ton très ferme, oui, une volonté certaine, oui, mais +la honte de la République+, non", a-t-elle affirmé, jugeant que "certains députés veulent faire le buzz".

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Vos réactions

Portrait de Diboan35
5/décembre/2017 - 17h27
Lapin a écrit :

C'est dommage que tout le monde n'a pas les moyens financiers suffisants pour recevoir les chaînes de Canalsat.

Cela offre quand même énormément plus de choix.

"Plus de choix" ne veut pas forcément dire plus de qualité... Je connais Canalsat et je sais ce que je dis...

 

Portrait de cougs
5/décembre/2017 - 17h07
bertrand85 a écrit :

Macron est sans doute mécontent de la façon dont il été reçu sur FT pendant la campagne présidentielle. Il faut dire que TF1 l'a reçu à plat ventre.

Si le service public est la honte de la République, quelles chaînes ont grâce à ses yeux? TF1 et ses programmes abrutissants, M6 et ses coachs en relooking, BolloréTV et Hanouna? On aimerait bien savoir!

Ne nous trompons pas, c'est la liberté d'expression qui est menacée. Il s'agit pour ce pouvoir libéral de mettre FT et France Inter au pas, de les obliger à célébrer le libéralisme, la mondialisation à longueur de journée. En Angleterre où je vis, les conservateurs au pouvoir depuis 2010 font la même chose avec la BBC. Ces gens n'aiment pas la contradiction, la critique et encore moins une info indépendante et éclairée.

Votre jugement est clairement biaisé par vos préférences politiques. En lisant tout simplement l'article et sans interpréter. Lorsque le président parle de "honte de la république", il évoque la qualité des contenues, les gaspillages, les relations malsaines entre le groupe et les producteurs/animateurs (pas nouveau comme problème).

Bref, il parle de la gestion de l'audiovisuel public, en aucun cas des orientations politiques supposées du groupe ou de la réception de l'agenda gouvernemental.

Portrait de Lapin
5/décembre/2017 - 16h52

C'est dommage que tout le monde n'a pas les moyens financiers suffisants pour recevoir les chaînes de Canalsat.

Cela offre quand même énormément plus de choix.

Portrait de zem
5/décembre/2017 - 16h46

Il a mille fois raison

Portrait de bertrand85
5/décembre/2017 - 16h00

Macron est sans doute mécontent de la façon dont il été reçu sur FT pendant la campagne présidentielle. Il faut dire que TF1 l'a reçu à plat ventre.

Si le service public est la honte de la République, quelles chaînes ont grâce à ses yeux? TF1 et ses programmes abrutissants, M6 et ses coachs en relooking, BolloréTV et Hanouna? On aimerait bien savoir!

Ne nous trompons pas, c'est la liberté d'expression qui est menacée. Il s'agit pour ce pouvoir libéral de mettre FT et France Inter au pas, de les obliger à célébrer le libéralisme, la mondialisation à longueur de journée. En Angleterre où je vis, les conservateurs au pouvoir depuis 2010 font la même chose avec la BBC. Ces gens n'aiment pas la contradiction, la critique et encore moins une info indépendante et éclairée.