11/11/2015 10:43

Fils illégitime d'Albert de Monaco: La Cour européenne des droits de l'Homme donne raison à Paris Match

L'existence d'un fils illégitime d'Albert de Monaco dépasse le strict cadre de la vie privée du monarque, a tranché mardi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) en donnant raison à l'hebdomadaire français Paris Match qui l'avait révélée.

La condamnation du magazine en France pour cette publication constitue une violation de la liberté d'expression, a estimé la CEDH dans un arrêt définitif.

"Compte tenu du caractère héréditaire de ses fonctions de chef de l'Etat monégasque", la révélation de l'existence d'un fils caché du prince Albert était d'intérêt public, a observé la Cour.

"C'est une grande victoire pour la liberté de la presse, au-delà du cas particulier du prince de Monaco", a commenté pour l'AFP Olivier Royant, directeur de la rédaction du magazine, qui craignait que "tous les chefs d'Etat ne puissent se prévaloir de cette décision".

A l'unanimité de ses 17 juges, la grande chambre de la CEDH n'a fait que confirmer une première condamnation de la France en juin 2014 dans cette affaire, mais dont le gouvernement français avait fait appel.

Paris Match avait été condamné en 2005 à verser 50.000 euros au titre du dédommagement moral au prince Albert, qui venait de succéder à son père Rainier sur le trône de Monaco et n'avait alors pas d'héritier.

L'article litigieux était une longue interview de Nicole Coste, une hôtesse de l'air, qui révélait que son fils Alexandre, né en août 2003, avait pour père Albert de Monaco.

Un mois plus tard, le prince reconnaissait dans un communiqué être le père de l'enfant. Il n'a ainsi lui-même pas remis en cause "la véracité des déclarations de Mme Coste", ont observé à ce propos les juges européens.

A l'audience en avril, le représentant du gouvernement français, Géraud de Bergues, avait accusé Paris Match d'avoir révélé "de très nombreux détails intimes" sur la liaison entre le souverain monégasque et la mère de son enfant.

En outre, "l'existence du fils naturel du prince ne relevait pas d'un débat d'intérêt général, dans la mesure où la constitution monégasque exclut qu'un enfant illégitime puisse accéder au trône", avait-il ajouté.

Mais dans une monarchie, une telle information revêt forcément un caractère "politique", avait rétorqué l'avocate de Paris Match, Me Marie-Christine de Percin.

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