Nathalie Darrigrand
L'acteur Donald Sutherland a dénoncé mardi une citoyenneté à deux vitesses au Canada, où un Canadien doit vivre en permanence pour avoir le droit de voter.
Dans une tribune au quotidien Globe and Mail et titrée "Je suis Canadien et je devrais avoir le droit de voter", l'acteur octogénaire dénonce la toute nouvelle interdiction faite aux Canadiens non résidents de participer aux scrutins fédéraux.
Celui qui a interprété au grand écran "Les douze salopards", "Le Casanova de Fellini" ou encore "Le droit de tuer", explique être "un expatrié" puisque partageant son temps entre sa résidence en Californie et au Canada.
"Le gouvernement Harper (ndlr, Premier ministre conservateur) ne laissera pas voter les expatriés aux élections canadiennes", écrit Donald Sutherland en référence aux législatives du 19 octobre prochain.
"Est-ce que vous savez cela ? Si vous ne vivez pas ici en permanence vous ne pouvez pas voter. Les Américains qui vivent à l'étranger peuvent voter. Ils peuvent voter car ils sont citoyens. Et moi je ne le peux pas. Pour quelle raison ? Parce que je ne suis pas citoyen ?", poursuit-il dans cette tribune.
L'acteur s'interroge sur une décision au départ des conservateurs de réserver le droit de vote à des citoyens qui vont choisir des députés pour passer des lois touchant leur vie quotidienne, pas celle des expatriés.
En guise de réponse, il estime que les conservateurs craignent que les Canadiens vivant à l'étranger "voteront pour le retour d'un gouvernement qui représentera à nouveau les valeurs que le reste du monde nous enviait".
Cette nouvelle disposition, dans la foulée d'une décision d'une cour d'appel le 20 juillet, interdit l'inscription sur les listes électorales aux Canadiens expatriés depuis plus de cinq ans. Dans le quotidien Globe and Mail, le professeur Mark Kersten, de l'Université de Toronto, remarque que cette décision contrevient à la charte des libertés et des droits fondamentaux des Canadiens.
Cette tribune de l'acteur canadien a été amplement commentée et partagée sur les réseaux sociaux mardi, arrivant même parmi les plus mentionnées sur Twitter, selon le site Trendsmap Canada.
Vos réactions
Donald, il faut comparer ce qui est comparable.
Les américains non-résidents conservent leur droits de votre, car ils continuent de payer leurs impôts aux USA et ne peuvent y échapper qu'en renonçant à leur nationalité américaine.
Le Canada a choisi la solution inverse en autorisant l'expatriation, notamment fiscale, sans perte de nationalité, mais en la conditionnant à la perte du droit de vote.
Personnellement, je trouve la solution américaine plus juste.
La véritable injustice est de permettre à des expatriés, fiscaux ou non, de pouvoir se prononcer sur la politique intérieure d'un pays auquel ils ne contribuent plus par les impôts directs ou indirects (TVA). Un exemple ? La France.
Genre, je vends tout, je pars vivre dans un pays à l'imposition ridicule et en cas de gros souci, j'ai toujours ma carte magique sous la forme de mon passeport français. C'est aussi critiquable que ce que l'on reproche aux étrangers qui viennent en France pour bénéficier de l'assistance publique.
Donc d’après vous l'injustice française est de permettre le vote d'exilés ... alors vous êtes pour le droit de vote des étrangers vivants en France et bien sur payant leurs impôts en France .. mais tant qu'on y est , on pourrait considérer qu'un retraité même français résidant en France ne devrait pas voter puisque à part le montant de sa retraite rien ne l’intéresse vraiment ..
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