24/07/2015 09:54

Les médecins de Vincent Lambert affirment avoir subi des "menaces" et des "pressions"

Contre toute attente, les médecins de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, ne se sont finalement pas prononcés jeudi sur l'arrêt des soins de leur patient: ils ont invoqué implicitement des pressions extérieures les empêchant de se décider dans la "sérénité".

Selon les proches de Vincent Lambert, réunis pour ce qui devait être un ultime conseil de famille dans une ambiance particulièrement tendue, les médecins souhaitent saisir la justice pour que soit désigné un représentant légal de leur patient.

Si sa femme Rachel est depuis l'accident de Vincent Lambert son référent matrimonial et patrimonial et l'interlocutrice privilégiée des médecins pour les différentes décisions d'arrêt des soins, elle n'est pas son référent légal. Vincent Lambert n'a en effet pas de tuteur légal.

"Les médecins du CHU vont demander au procureur de Reims de nommer un référent, qui ne peut être qu'extérieur à la famille au vu du contexte très conflictuel", selon le neveu François Lambert.

"Lors de la réunion, les médecins très tendus nous ont signifié que la décision d'arrêt des traitement ne pouvait désormais relever de la médecine vu les menaces et les pressions qu'ils subissaient les empêchant de travailler sereinement", a-t-il ajouté.

"Les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite" de la procédure collégiale engagée pour décider du sort de Vincent Lambert, "tant pour (lui) que pour l'équipe soignante, ne sont pas réunies", a expliqué le CHU, qui a donc décidé de suspendre la procédure collégiale qui devait aboutir à une décision d'arrêt des soins.

Sur l'internet, des sites avaient relayé des appels à l'enlèvement et la séquestration des médecins ou de Vincent Lambert lui-même.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a apporté "tout son soutien à l'équipe soignante" et souligné qu'elle n'a "pas pris cette décision parce qu'elle refuse d’arrêter le traitement" mais pour des raisons de sécurité.

"L'évaluation de Vincent Lambert a conduit à constater que la situation clinique était comparable à celle qui avait été rapportée par les experts mandatés par le Conseil d'Etat", a d'ailleurs noté l'hôpital dans son communiqué.

La Cour européenne des droits de l'Homme avait donné, le 5 juin dernier, son feu vert à un arrêt de l'hydratation et de l'alimentation du patient, jugeant comme la justice française que la poursuite des traitements relèverait de l'"obstination déraisonnable".

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Le plains ces malheureux médecins qui croyaient faire leur boulot en essayant de sauver leur patient. J'ose croire qu'ils doivent aujourd'hui regretter d'avoir trop bien fait tout au long de cette malheureuse affaire. Ils auraient dû le laisser partir, ils ne seraient pas dans cette situation des années après à cause d'une folle jusqu'au-boutiste