03/06/2015 17:09

Nekfeu regrette que les rappeurs soient souvent cantonnés à un rôle de "porte-drapeau" de la jeunesse

Nekfeu, rappeur francilien issu du groupe 1995 qui publie lundi un premier album solo très attendu, a regretté mercredi que les artistes de hip hop soient souvent cantonnés à un rôle de "porte-drapeau" de la jeunesse et des banlieues.
"On a souvent tendance à considérer les rappeurs comme des porte-drapeaux alors que souvent le rap c'est une conversation de café, une conversation entre toi et ton public", a-t-il souligné au micro de France Inter.
"Parfois t'as des coups de colère, tu dis des conneries (...). Il faut toujours garder de la distance et arrêter de cataloguer les rappeurs comme des étendards politiques ou des bras armés, soit de la banlieue soit de la jeunesse, parce que ça n'a jamais été le cas en fait", a continué celui qui publie lundi "Feu".
Le rappeur regrette que le rap, contrairement à la littérature, soit systématiquement ramené à une dimension "politique", alors que c'est juste une forme d'art comme une autre".
Nekfeu est revenu sur la polémique qui l'avait opposé en 2013 avec la rédaction de Charlie Hebdo. Dans une chanson enregistrée en marge du film "La Marche", le rappeur avait clamé "Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo". Une "punchline" (phrase choc dans le rap) qu'il avait regrettée le jour de l'attentat contre l'hebdomadaire, le 7 janvier, assurant 
sur les réseaux sociaux qu'il ne s'agissait que de "piques". 
"La différence, c'est qu'à l'époque j'écrivais quelque chose et je le sortais quasiment dans la foulée...", a-t-il expliqué mercredi en référence à ce texte de 2013. "Ca m'a appris sémantiquement à faire attention à ce que je dis et à arrêter d'être dans la +provoc+ stupide", a-t-il ajouté sur France Inter. 
Le premier album de Nekfeu, qui a décroché une Victoire de la musique l'an dernier avec le groupe 1995, est très attendu chez les amateurs de rap français. Avec des invités comme le chanteur britannique de pop-folk Ed Sheeran (sur "Reuf"), le rappeur réputé pour sa technique vocale impeccable reste fidèle à du rap pur mais s'ouvre à des horizons musicaux très variés et des références littéraires parfois inattendues (Maupassant dans le titre "La Horla" ou Kundera dans "Risibles amours"). 
L'album, avant même sa sortie, était mercredi l'un des plus commandés sur la plateforme iTunes.

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Vos réactions

Portrait de Debilla
3/juin/2015 - 17h59

Les rappeurs sont les porte drapeaux de la jeunesse? Et la jeunesse se reconnait dans ces porte drapeaux?