23/03/2015 15:17

Nouvelle audience le 7 avril sur l'avenir du quotidien "La Marseillaise", placé en redressement judiciaire

Le tribunal de commerce de Marseille tiendra une nouvelle audience le 7 avril sur l'avenir du quotidien de gauche en redressement judiciaire La Marseillaise, qui pourrait être liquidé si les offres de reprise ne sont pas jugées suffisamment solides, a-t-on appris lundi auprès de la CGT.
"Entre 100 et 200 personnes", des salariés du journal, ainsi que des militants et des sympathisants de gauche se sont réunis lundi matin devant le tribunal, où les deux offres de reprise ont été présentées, a expliqué Mireille Roubaud, représentante du SNJ-CGT.
Le tribunal a donné rendez-vous aux repreneurs le 7 avril pour une nouvelle audience, qui devrait être suivie "très rapidement" de la décision elle-même: soit une reprise, soit la liquidation.
Les salariés continuent de privilégier la première offre qui a été déposée, la proposition des Éditions des Fédérés, dirigées par le secrétaire départemental du PCF, Pierre Dharréville. C'est le dossier qui présente "le plus de garanties", selon Mme Roubaud.
Fin février, une deuxième offre a été déposée pour la reprise du quotidien, placé en redressement judiciaire en novembre 2014. Portée notamment par le journaliste et essayiste Jean-Marc Adolphe, elle est perçue comme "hostile".
Les salariés s'inquiètent en revanche de "l'absence d'engagement des banques" aux côtés des repreneurs. "Ce qu'on voit, c'est qu'ils vont à la barre et qu'ils n'ont pas l'argent", a regretté Mme Roubaud, même si elle juge "étayé" le dossier des Éditions des Fédérés.
Au-delà, elle a souligné l'absence de pluralisme que la disparition du titre provoquerait à Marseille, où le mensuel satirique Le Ravi est en grande difficulté et le site d'information locale Marsactu a été liquidé. "Si même les 70 ans de la Marseillaise sont foulés au pied, qu'est-ce qu'il va rester, à Marseille?" s'émeut-elle.
Fondée dans la clandestinité par la Résistance communiste en 1943, La Marseillaise avait lancé sa première publication légale en août 1944. Victime de la crise qui frappe la presse papier, la direction s'est déclarée en cessation de paiement fin novembre 2014, enregistrant 1,5 million d'euros de pertes.
Le journal compte, toutes éditions confondues, 208 salariés.

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